LA PURGE
EVENT INDIVIDUELS La guerre est aux portes de Londres, voici venir l’ère de la violence…
Autrement dit : Ca va chier les gars !

L'event démarre aujourd'hui, marquant le début d'une intrigue. Les info sont ici **
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Merci les pains d'épices ! :keur:
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 As the crow flies ◊ Milo&Amelia


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Oupyr

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Arrivée à Londres : 03/12/2017 Missives : 168 Points : 1638 Traits empruntés : Katherine Waterston Couleur RPs : rosybrown Pseudonyme : Azra Crédits : Azra + Beylin + Tumblr Je suis né(e) le : 3 mars et j'ai donc : 37 ans J'appartiens aux : oupyrs Actuellement, je suis : pas intéressée et je travaille comme : domestique je suis de la caste : des entretenus je vis à : West District j'offre mon allégeance : à Milo et mes valeurs sont que : je suis reconnaissante et fidèle à celui qui m'a tendu la main

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Got It !

Dim 4 Fév - 16:17
La demeure de Milo était immense. Parfois, Amelia avait l’impression qu’elle ne s’y était pas faite. Il lui arrivait d’errer dans les couloirs, ou simplement de se poser à une fenêtre pour regarder les allées et venues des autres, de l’autre côté de la vitre. Presque comme si elle contemplait un autre monde. Un monde auquel elle avait été arrachée. Elle n’avait rien demandé à personne. Elle avait été heureuse, avec son mari, sa fille, l’enfant à naître. Quand elle était seule, et persuadée que Milo n’était pas là ou ne pouvait pas la voir, Amelia effleurait son ventre du bout des doigts, comme si cette partie de son anatomie ne lui appartenait plus. Comme le reste de sa vie. Elle avait toujours cette impression de vide dans ses entrailles. Et, à chaque fois, elle manquait de fondre en larmes. Elle qui avait dédié toute sa vie aux enfants. Aujourd’hui, elle ne se sentait même plus la force d’exercer sa profession… et puis elle n’était pas bien sûre que Milo veuille d’une servante qui travaillait à côté, qui s’occupait des enfants des autres… plus que de lui.

Elle essayait de penser à ce qu’il lui restait à faire dans la maison alors qu’elle avançait, un sac de courses au bras. Elle ne comprenait pas pourquoi elle s’obstinait à acheter de la nourriture humaine. Elle-même ne pouvait plus en manger… En fait, elle pouvait toujours en manger, mais elle n’avait plus aucun goût, n’apportait plus aucun nutriment. Seul le sang pouvait la sustenter… et ce n’était pas elle qui s’en chargeait. Elle avait d’ailleurs toujours refusé de savoir où Milo se fournissait. En vérité, peut-être était-ce simplement parce que cuisiner la raccrochait à son humanité perdue. A ce passé qui ne cessait de la hanter… jusque dans Milo. La première fois qu’il s’était penché au-dessus d’elle, alors qu’elle venait de subir sa transformation, Amelia avait cru que c’était Paul… mais son Paul était étendu, vidé de son sang, un peu plus loin, dans le carnage de leur cuisine. Ses larges épaules, ses cheveux sombres… Pourtant Milo et Paul n’auraient pas pu être plus différents l’un de l’autre.

Elle avait fini de ranger les courses. Elle avait encore le temps avant de devoir préparer le dîner. A quoi bon ? disait une petite voix dans sa tête. Elle la chassa cependant vite fait et entreprit de s’occuper du linge qui devait être plié et rangé. Occuper son corps pour occuper son esprit, pour ne pas penser et pour oublier. Pourtant, une routine commençait à s’installer depuis qu’elle avait été trouvée par Milo. Et la routine était l’ennemi de la distraction intellectuelle. Pouvoir accomplir des gestes machinalement, sans y réfléchir, laissait la place à d’autres pensées. Alors Amelia s’empressa d’achever sa tâche et de ranger le linge pour rejoindre sa chambre.

Elle s’était posée près de la fenêtre, un livre à la main. Il était suffisamment complexe pour maintenir son cerveau en ébullition, mais pas trop pour qu’il ne la perde pas complètement dans des circonvolutions inutiles. Elle entendit une porte s’ouvrir, se refermer, quelque part dans la maison, signe que Milo était rentré d’elle ne savait trop où. Elle quitta les pages des yeux pour observer la nuit qui était tombée sur l’extérieur, ces mares de lumière sous les lampadaires. Elle tendait pourtant l’oreille, guettant le moindre bruit trahissant que sa présence était requise auprès de son employeur.

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Harpie

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Arrivée à Londres : 03/02/2018 Missives : 54 Points : 817 Traits empruntés : Adam Driver Petite schizophrénie : ... Couleur RPs : darkcyan Pseudonyme : Armadillo Crédits : yumiita Je suis né(e) le : 21 Décembre et j'ai donc : 175 ans J'appartiens aux : Harpies Actuellement, je suis : seul et je travaille comme : rentier qui en fout pas une et bras droit de Zohra je suis de la caste : aisée...très aisée...voire indécente. je vis à : West District j'offre mon allégeance : à moi-même avant tout. et mes valeurs sont que : tout tourne autour de ma propre survie

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Dim 4 Fév - 16:21
Aujourd'hui avait été une journée bien remplie. Milo avait passé de longues heures au téléphone à négocier avec la pègre russe la vente d'armes en provenance directe des Balkans. Malgré les soixante-dix années passées à Londres, la Harpie n'avait jamais négligé ses anciens contacts slaves. La politique de ces pays déchirés par les conflits, la corruption qui gangrène tous les rouages, l'immunité diplomatique qui se monnaie aisément sont une véritable aubaine pour quiconque se lance dans le trafic d'armes. Milo était officiellement dans l'attente d'un gros arrivage imminent. La douane maritime fermerait les yeux et il suffira d'arroser sagement les docks d'espèces trébuchantes pour faire main basse sur la cargaison du cargo russe. Milo serait averti dès son entrée et il lui suffirait d'émettre quelques textos pour qu'une poignée de loyaux gibiers de potence s'occupent de la réception et de la livraison.

C'est donc un Milo de fort bonne humeur qui rentrait chez lui. La chose était suffisamment rare pour qu'il opère un petit détour. Ne supportant pas le retard chez autrui, il s'imposait la même discipline. C'est naturellement qu'il envoya un bref message à Amelia, l'avertissant qu'il rentrerait certainement une heure plus tard. Ca serait largement suffisant pour dénicher ce qu'il avait en tête...
Et le voilà de retour, au moment exact qu'il avait fixé, dans cette immense demeure cossue nichée dans les plus beaux quartiers de Londres. Avec soin, il a entretenu le caractère délicatement désuet de cette dernière mais on ne peut ignorer les touches de technologie dernier cri visibles à chaque porte. L'endroit est devenue une véritable forteresse à la pointe de la domotique. Aucune allée et venue n'échappe à Milo, chaque zone du jardin , chaque pièce de la maison est couverte par un réseau de caméras qui émettent en temps réel. La Harpie a dépensé des fortunes pour perfectionner la portée de cette multitude d'yeux inquisiteurs et numériques. Ayant essuyé des tentatives de soulèvements, ayant traversé les révolutions russes, ayant vécu les heures les plus sombres de l'Histoire européenne, étant obnubilé par la trahison, chaque entrée sur sa propriété se fait au moyen d'un passe et d'une identification formelle. Milo est complètement paranoïaque et s'est donné les moyens de se protéger de toute intrusion qu'elle soit discrète ou pas.

A peine a-t-il franchi qu'il hèle d'un ton joyeux sa oupyr. Ha Amelia. Cette délicate petite poupée qu'un rien semblerait pouvoir briser. Voilà des mois qu'elle partage sa vie. Milo aime ses fêlures, il est fasciné par ses douleurs. Il adore ses larmes silencieuses, la façon dont ses lèvres tremblent lorsqu'elle se laisse envahir par les fantômes de son passé. Il voudrait qu'elle aille de l'avant mais cette créature brisée est si belle, si pure dans ses émotions qui la détruisent toujours un peu plus. Oh, il la sauvera avant que le chagrin et la souffrance ne la fasse exploser, mais d'ici-là, il se délecte de la moindre seconde de détresse d'Amelia. Ôtant son long manteau noir, il le jette sur un dossier de chaise en pénétrant dans le salon, une banale boîte percée de trous sous le bras. Il pose doucement cette dernière sur la longue table où aucun repas n'a été dressé depuis des décennies et réitère son appel. Il a entendu ses pas à l'étage, mais il aime bien lui mettre de temps en temps la pression et lui faire croire qu'il s'impatiente. Elle l'a déjà vu en colère et elle ne doit pas avoir envie de revoir Milo détruire du mobilier en l'accablant, elle, de tous ses maux. Enfin, elle apparaît dans l'encadrement de la porte. Milo avance d'un pas, la main tendue dans sa direction. J'ai un cadeau pour toi, Amelia. dit-il d'une voix douce, un sourire sincère éclairant son visage. Ne dis rien avant de l'avoir vu. Ouvres-le. reprend-il rapidement avant de lui indiquer la boîte.

Dès qu'elle pose la main sur le couvercle percé de trous, quelque chose de vivant le pousse de l'intérieur. C'est la tête d'un chaton écaille de tortue qui apparaît alors. La petite bestiole lève son adorable bouille vers le visage d'Amelia et pousse un long miaulement aigu. Ses petites griffes s'accrochent au morceau de couverture tapissant le fond de la boîte.
Un sourire satisfait aux lèvres, Milo observe son oupyr prendre le chaton qui se cale rapidement au creux de son bras pour y fermer les yeux en émettant un léger ronronnement. Croisant le regard de la jeune femme, la Harpie tire une chaise, s'y installe, écoute d'une oreille distraite ce qu'elle lui dit avant de la couper. Ne t'y attaches pas. Si je te l'ai amené c'est pour que tu le manges. lâche-t-il d'un ton on ne peut plus sérieux sans la quitter de son regard noir. Il lui laisse à peine le temps de saisir son annonce. Accompagnant ses paroles d'un geste de la main, il reprend en se fendant d'un large sourire plein de confiance. Allez...vas-y. Je te regarde et je t'avertirais quand tu feras quelque chose de mal.

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So what if you can see, the darkest side of me? No one would ever change this animal I have become. Help me believe, it's not the real me. Somebody help me tame this animal.
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Dim 4 Fév - 17:02
Elle avait reçu un texto de la part de Milo. Sur ce téléphone dont le fond d’écran affichait toujours une photo de Paul et de leur fille dans les bras. Elle se demandait si, un jour, Milo s’en offusquerait et exigerait qu’elle le change… ou s’il casserait simplement l’appareil dans une saute d’humeur. Là n’était pas la question à l’instant, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y penser à chaque fois qu’elle recevait un appel ou un message du harpie… En même temps, il n’y avait plus que lui qui la joignait de la sorte… De son ancienne vie, il ne restait personne… Ceux qui n’avaient pas été dévorés la croyaient morte également, ou bien en fuite.

Le harpie rentrerait une heure plus tard que prévu. Elle avait fini les tâches qu’elle devait accomplir et s’était donc posée avec un livre dans sa chambre, en attendant le retour de Milo. Elle s’était demandée de quelle humeur il serait en rentrant. Elle ne pouvait jamais le deviner à l’avance. Elle avait pourtant appris à composer sur le moment et à tout faire pour ne pas envenimer les choses. La porte s’ouvrit, se referma. Il était rentré. Elle ne bouge pas, attend une seconde et il l’appelait déjà. Elle se figea un instant, cherchant à deviner si sa journée s’était bien passée ou pas. Son ton semblait joyeux. Elle ne risquerait trop rien en descendant. De toute façon, si elle n’avait pas répondu à son appel, qu’il soit de bonne ou de méchante humeur, ça n’aurait rien changé. On n’allait pas à l’encontre de ses ordres, même s’ils n’étaient pas forcément formulés tels quels. Elle laissa son livre sur la banquette sous la fenêtre et quitta sa chambre.

Vêtue d’un pantalon noir à la taille haute mais aux pattes larges, et d’une chemise blanche qui semblait un peu vieillotte, Amelia descendit les escaliers, pieds nus. Elle récupéra un châle qu’elle avait laissé sur la rampe et en entoura ses frêles épaules en rejoignant le salon. Il l’avait appelée une seconde fois avant qu’elle n’ait eu le temps d’arriver jusqu’à lui. Elle resserra les pans du châle contre elle et avisa la boîte qui était posée sur la table. Elle se fige, incertaine et avec une certaine appréhension, quand il s’avance et tend la main. S’il s’était déjà montré violent sur les meubles et dans ses paroles, elle n’avait pourtant reçu aucun coup jusqu’à présent… Elle leva les yeux pour croiser son regard sombre et manqua de s’y noyer une seconde. J'ai un cadeau pour toi, Amelia. Elle cligne des yeux à sa voix douce et à son sourire qui illumine son visage. Il est beau, quand il sourit… Mais là, dans son cœur mort, il y a toujours son défunt époux, sa petite fille ensanglantée et le petit être qui n’avait même pas eu le temps d’émettre son premier cri.

Nier qu’elle n’était pas fascinée par la créature devant elle aurait été mentir… Mais c’était ce qu’elle faisait : elle se mentait à elle-même. Oh, elle lui était reconnaissante de ne pas l’avoir laissé seule dans cette maison qui avait été la sienne, entourée des cadavres des siens, abandonnée à une vie dont elle ne connaissait rien… mais il appartenait à un monde qui lui faisait peur… C’était le sien, pourtant, aujourd’hui, comme il le lui répétait de maintes façons chaque jour. Ne dis rien avant de l'avoir vu. Ouvres-le. Elle n’était pas bien loquace de toute façon. Elle avait cette étrange boule au ventre et était incapable d’émettre le moindre son. Ça ne devait pas être quelque chose d’horrible, puisque Milo était de bonne humeur. Il ne lui aurait pas ramené quelque chose d’affreux… N’est-ce pas ?

Finalement, elle se remet en mouvement. Elle passe à proximité de son employeur, sent le magnétisme qui s’échappe de son corps. Quand elle oublie les traits de son visage, ses larges épaules lui rappellent Paul… Elle doit s’empêcher, à chaque fois, de se jeter dans ses bras pour pleurer. Ce n’est pas Paul… et si Milo ne lui avait pour l’instant jamais fait mal, elle ne savait pas toujours bien de quoi il était capable à son égard. Une main sur son châle, l’autre tendue vers la boîte, elle sursaute alors que le couvercle tressaute sous ses doigts. Elle retire sa paume, comme si elle s’était brûlée, inquiète de la créature qui pouvait bien se cacher dans le carton. Mais ce n’était qu’un minuscule chat. Les larmes montent à ses beaux yeux chocolat alors qu’elle tend à nouveau les phalanges pour effleurer sa tête sous le miaulement aigu.

En voyant que le chaton n’est pas sauvage, elle le soulève délicatement hors de la boîte. Elle est presque maladroite, ayant peur de lui faire mal. Sa nouvelle condition d’oupyr est encore parfois ardue à maîtriser et ses pouvoirs se manifestent quand elle s’y attend le moins… Elle ne voulait certainement pas congeler le pauvre petit animal. La boule de poils se cale contre son coude, une griffe dans les mailles du châle et ferme les yeux en ronronnant. Elle se tourne finalement vers Milo. Elle ne sait quoi pas dire. Elle baisse à nouveau la tête vers le chaton. Il est presque brûlant sous ses doigts. Merci… souffle-t-elle simplement alors que Milo s’assoit. Je… Elle voulait lui demander quelle était la raison de ce présent mais elle n’était pas bien sûre de vouloir connaître la réponse.

Ne t'y attaches pas. Si je te l'ai amené c'est pour que tu le manges. Pourtant il la lui donne quand même, comme s’il avait lu dans ses pensées. Elle sursaute à ses paroles sévères et terribles. Le manger ? Le désespoir se fait dans ses prunelles et elle manque de lâcher le petit animal. Ce dernier remue entre ses bras, dérangé par son trouble. Allez...vas-y. Je te regarde et je t'avertirais quand tu feras quelque chose de mal. Il lui sort ça comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Peut-être bien, d’ailleurs, pour un oupyr… mais… Elle cligne des yeux. Mais… Elle ferme les yeux, serre un peu plus le chaton contre elle, comme si elle avait envie de le reposer dans sa boîte et de le tenir loin d’elle. Elle secoue la tête. Elle a envie de dire « non », mais elle sait que ça ne plairait pas à Milo. Elle n’a pas envie de le mettre en colère mais… Ce n’est qu’un bébé… murmure-t-elle, suppliante. Et une créature vivante, chaude, là, entre ses bras. Un petit être… comme sa fille encore si jeune quand le oupyr l’avait dévorée. Elle secoue à nouveau la tête, les yeux plein de larmes. Je… je… Elle rentre la tête dans les épaules, comme pour se protéger. Elle entoure un peu plus de ses bras le petit chat, comme pour le protéger. Elle ne pouvait pas… Elle ne pouvait juste pas… Pourquoi ne pouvaient-ils pas rester avec le sang qu’il lui ramenait d’elle ne savait trop où ? Ça fonctionnait bien jusqu’à présent, non ?

Prise d’une crise d’angoisse, Amelia se met trembler de tous ses membres. Elle ne voulait pas mettre Milo en colère… mais elle ne pouvait pas dévorer le pauvre petit animal. C’était au-dessus de ses forces. Ne se souvenait-il pas qu’elle avait été mère avant d’être oupyr ? Qu’elle s’apprêtait à l’être une seconde fois avant qu’un monstre ne la prive de ce nouveau cadeau ? Du bonheur de voir son ventre s’arrondir encore et d’offrir un petit frère à Diana ? Elle secoue encore la tête, recule mais bute contre la table. Elle ferme les yeux, elle ne veut pas voir la colère de Milo.

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Dim 4 Fév - 17:37
Milo ignore l'émotion qui éclaire le visage d'Amelia lorsqu'elle le remercie. De cette scène, ce n'est pas ce moment qui est important mais bien la suite. C'est l'introduction d'un de ces petits jeux malades dont il a le secret et il en est particulièrement friand. Elle allait le faire. Elle le devait, se répétait-il tandis qu'il laissait l'idée faire son chemin chez Amelia. Il serait le premier à déplorer son échec à ce test particulièrement cruel. Il aime voir jusqu'où sa simple présence peut amener autrui à dépasser ses limites, le pouvoir de son influence. Il aime mesurer jusqu'à quel point sa déviance parasite ceux qui partagent sa vie. Être au service de Milo Stanford c'est devenir soi-même un monstre ou accepter pleinement de l'être. Mais... Hou, ça commence mal. Milo penche légèrement la tête sur le côté, soudain bien trop attentif à ce qui allait maintenant se passer. Infime plissement de paupières pour marquer sa surprise. A-t-il bien entendu? Ce n'est qu'un bébé...je...je...

Fronçant les sourcils, Milo quitte le dossier de la chaise, le dos raide. Il ne se lève pas encore et dans le langage complexe des attitudes de la Harpie ça signifie qu'il fait encore preuve de patience et d'un semblant de compréhension. En soupirant de manière théâtrale, il lève les yeux au plafond en secouant la tête. Pas d'anthropomorphisme ou de transfert psychologique, s'il te plaît. réplique-t-il d'un ton cinglant. C'est un animal, Amelia, un simple animal sans importance. Dois-je te rappeler ce qui doit être important pour toi, hm? Il plisse les lèvres en une moue mécontente. Le sous-entendu est lourd et bien évidemment qu'elle sait que c'est lui, Milo, qui doit être au coeur de toutes ses attentions.

Elle tremble. Des pieds à la tête. L'angoisse et la peur envahissent ses membres. La Harpie voit à quel point le dilemme qu'il impose n'a qu'une seule issue possible. Amelia le sait. Elle recule d'un pas, heurtant la table, s'éloignant de lui par l'Enfer. Reviens tout de suite. Il a à peine haussé la voix mais les syllabes claquent dans l'air. C'est une injonction qui ne supportera aucun refus. Milo tape une unique fois du pied pour déclencher le réflexe d'un pas en avant chez l'oupyr. Lentement, il tend le bras pour refermer sa main sur le poignet de la jeune femme. Les tremblements qui ne l'ont pas quitté depuis son odieuse demande rampent sur son propre bras. Il doit essayer de la rassurer, il n'arrivera à rien sinon. Amelia... l'appelle-t-il d'un ton mielleux, l'obligeant à croiser son regard. Tout ira bien. Tu as déjà mangé des animaux quand tu étais humaine. Pour la première fois de ta vie, tu dois être celle qui tue et pas celle qui se contente de se goinfrer sans rien faire. Ne me déçois pas Amelia...je ne l'ai que trop été, je ne veux pas l'être. S'il y avait de la colère chez Milo, elle a maintenant disparu. Ses yeux noirs retrouvent cette lueur profondément mélancolique, celle de la créature solitaire qui a désespérément besoin de compagnie. S'il te plaît, Amelia...manges, knopka. Un soupir. Un murmure. Une supplique d'une sincérité vibrante. Son étreinte sur le poignet de la jeune femme se raffermit légèrement. Il s'accroche à elle comme un noyé s'accroche à une bouée. Fermes les yeux...n'écoutes que moi... La voix grave se fait caressante, presque palpable. Fais le. Pour toi...pour moi... L'argument ultime tombe comme le couperet d'une guillotine. Pour moi. Tout pour moi. Rien que pour moi. Moi. Tout va bien. Vas-y. Fais-le. Je suis là.

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Dim 4 Fév - 20:10
Elle sait que son refus réveillera la colère de Milo. Elle le sait. Elle le sait si bien… Pourtant… Pensait-il vraiment qu’elle allait se jeter sur ce chaton pour le dévorer ? Ne se souvenait-il pas… ? Ou peut-être n’avait-il même pas pris garde aux corps ensanglantés dans la cuisine quand il était venu la récupérer. Peut-être ne s’était-il pas intéressé à son histoire… Qu’était-elle pour lui, de toute façon… Parfois, elle ne le savait plus. Son employée… mais la douceur dont il faisait preuve de temps à autre… Elle avait l’impression qu’il lui offrait son cœur sur un plateau d’argent pour mieux s’emparer du sien et en faire de la bouillie… comme à cet instant. Elle ne pouvait pas manger un chaton. Elle ne pouvait pas s’attaquer à un bébé… Elle avait été mère. Elle avait été médecin pour enfants. Les juvéniles avaient toujours été toute sa vie. Elle les accompagnait dans les moments difficiles, soutenait les parents… et il lui demandait de manger un bébé chat… Elle ne pouvait pas… non, elle ne pouvait pas.

Elle secoue la tête, protège comme elle peut le chat de son corps. Pas d'anthropomorphisme ou de transfert psychologique, s'il te plaît. Ces paroles-ci lui font presque plus mal encore que sa demande de se nourrir sur l’animal. C'est un animal, Amelia, un simple animal sans importance. Dois-je te rappeler ce qui doit être important pour toi, hm? Amelia avait des valeurs, des principes… Pourtant, elle savait qu’être aux côtés de Milo signifiait une dévotion totale à sa personne… Elle ne parvenait cependant pas à se débarrasser de son humanité… Elle avait passé 36 ans de sa vie en tant qu’humaine… la plus douce, la plus gentille, la plus loyale des humaines… et seulement quelques mois dans la peau d’une créature se nourrissant de sang… il ne pouvait pas lui en demander tant en si peu de temps, si… ?

Elle détourne les yeux face à sa moue mécontente. Elle se met à trembler et recule. Mais la table bloque sa fuite. Elle panique d’autant plus qu’elle a l’impression d’être acculée. Elle connaît bien pourtant la vaste demeure qui est la sienne maintenant… Mais elle a l’impression d’être perdue, d’être piégée… comme sous les phares d’une voiture lancée à pleine vitesse… mais sûrement qu’une automobile ferait moins mal que Milo. Reviens tout de suite. Elle se crispe un peu plus. Le pied qui heurte le plancher la fait tressaillir mais elle parvient néanmoins à effectuer un maigre pas en avant. Elle sent sa paume contre son poignet. Elle frissonne à ce contact autant qu’à la demande qu’il lui a faite. Amelia... Elle pousse une complainte à peine perceptible. Elle lève malgré tout les yeux vers lui. Sa voix a toujours eu ce pouvoir sur elle, plus que le reste. Plus que sa main sur son poignet.

Tout ira bien. Tu as déjà mangé des animaux quand tu étais humaine. Pour la première fois de ta vie, tu dois être celle qui tue et pas celle qui se contente de se goinfrer sans rien faire. Elle tressaille à nouveau. La colère a disparu. La lueur qui brille au fond de ses prunelles est autre. Elle la connaît bien, celle-là… pour la voir dans son propre reflet à chaque fois qu’elle ose croiser un miroir. Cette mélancolie qui fait écho dans leurs deux cœurs. Elle plisse les lèvres. Ses yeux sont encore plein de larmes… pourtant, elle a presque oublié le chaton dans ses bras. Elle se noie, elle s’accroche au regard sombre de Milo. S'il te plaît, Amelia...manges, knopka. Elle est perdue. Une seconde plus tôt, elle le suppliait… et maintenant, c’est l’inverse. Une larme roule sur sa joue et échoue dans le pelage du chat.

Elle sent ses phalanges autour de son poignet. Il s’accroche à sa peau comme elle s’accroche à son regard. Elle ne veut pas le décevoir. Elle ne comprend pas pourquoi, mais elle ne supporte pas de voir une telle tristesse en lui. Fermes les yeux...n'écoutes que moi... Elle obéit, docile cette fois. Une autre larme accroche ses cils. Fais le. Pour toi...pour moi... Une de ses mains quitte le petit corps chaud contre elle pour venir effleurer la joue du harpie. Tout va bien. Vas-y. Fais-le. Je suis là. Manger un chat… La pensée demeure même derrière ses paupières fermées. Elle voudrait juste tout oublier et se blottir contre le corps de Milo. Ça serait tellement plus facile… Ne pouvait-il pas juste tout lui faire oublier… ? Elle ne voulait plus souffrir… Si le tableau vierge de ses souvenirs, il pourrait la façonner à sa manière, plutôt que de vouloir la faire changer… Mais les harpies n’avaient pas ce pouvoir…

Elle baissa la tête, et le haut de son crâne vint se poser contre le torse de Milo. Elle leva le petit animal vers son visage. Elle sentait ses poils contre sa joue. Elle avait toujours été citadine. Il avait raison : pour elle, la viande arrivait toujours, anonyme, dans son assiette. Elle n’avait jamais eu à dépecer un lapin ou autre chose du même genre. Comment pouvait-elle planter ses dents dans les poils… La nausée manqua de la submerger. Ce petit être, si chaud, si doux, qui, si innocent, ronronnait pourtant encore entre ses doigts. Une autre larme s’échoua dans son pelage alors que le nez de la oupyr se glissa dans son cou. Allait-elle vraiment le faire…

Elle ne le voulait pas… mais Milo…
Milo… elle ne voulait pas le perdre non plus…
Il était le seul à être là pour elle, pour l’aider…

S’il n’avait pas été là…
Elle frissonne une nouvelle fois en imaginant ce qu’elle aurait pu faire sans le harpie…

Elle ne voulait pas qu’il l’abandonne à son sort… alors elle entrouvre les lèvres. Ces crocs qu’elle n’a pas l’impression de contrôler s’allongent. Seigneur… qu’est-ce que je m’apprête à faire… ?

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Dim 4 Fév - 21:03
Elle sait qu'elle doit obéir. S'exécuter. Ne pas se poser de questions. S'oublier totalement. Laisser s'exprimer cette créature qu'elle est devenue. Instinctivement, elle est capable de le faire. Mais elle résiste encore bien que l'hallali soit proche. Ce sont ces ultimes lambeaux d'humanité que Milo aime tant qui la retiennent encore. Alors, il lui parle avec cette voix si grave et si envoûtante, il la supplie, la déstabilise à en faire frémir les bases de sa morale d'humaine. Il voit sa main quitter le chaton pour effleurer sa joue. Ce contact, aussi bref fut-il, est aux yeux de Milo une éclatante victoire. L'attention d'Amelia se détourne de la distraction attendrissante qu'est le chaton. Enfin, elle s'abandonne à son chant de sirène, elle se blottit contre lui comme lui s'accroche à elle.
Les derniers verrous de la volonté de l'oupyr sont sur le point de céder. Milo sent qu'elle a pris sa décision. C'est à contre-coeur, au prix d'un sacré dégoût de soi-même, il s'en doute, mais elle a fait son choix. Et il s'en délecte comme on savoure un festin digne d'un Dieu. Une joie malsaine l'envahit lorsqu'il sent qu'elle baisse la tête sur le petit animal. Il devine les crocs apparaître et le déchirement qui torture l'âme d'Amelia.

Ca suffit.

Rapide. Très rapide. Il glisse sa main libre entre le chaton et Amelia. La métamorphose de l'oupyr régresse en un clin d'oeil et il retrouve sa chère, très chère poupée brisée. Il délaisse le chaton pour poser la main sur la joue de la servante, effleurant sa peau du pouce. Tu allais vraiment le faire? Pour moi? demande-t-il à voix basse en écartant du bout des doigts une mèche de cheveux du visage de l'oupyr. Il a l'air sincèrement touché par l'acte horrible qu'elle s'apprêtait à faire. Les circonstances étaient particulièrement sadiques et cruelles mais c'est une réelle émotion qui brille au fond des iris d'ombre. Un demi-sourire désarmant de bienveillance s'imprime sur les traits de la Harpie. Sa main se faufile dans les cheveux de l'oupyr. Fermant les yeux, il lâche un bref soupir de contentement avant de poser délicatement ses lèvres sur le front d'Amelia. L'étreignant d'un bras, il lui murmure d'une voix clairement soulagée. Merci, knopka. Il reste quelques longues secondes à savourer cette proximité, le contact de sa tête contre lui, le chatouillement de ses cheveux contre son menton et sa gorge, jusqu'à ce que le chaton commence à s'agiter, coincé entre eux deux. Humpf. Ta nouvelle amie sait comment se faire comprendre... commence-t-il d'un ton grognon. Il s'écarte d'Amelia, la libérant de son emprise. Croisant les bras sur sa poitrine, à moitié assis sur la table, il poursuit. Je me suis dit que tu devais commencer à t'ennuyer ici. Je t'ai vu arpenter ces pièces dans tous les sens. Un peu de compagnie quand je ne suis pas là te fera du bien. Tendant la main, il se mit à caresser la petite tête noire zébrée de roux, glissant les doigts sous son menton pour faire ronronner la petite bestiole. Au refuge, ils l'avaient appelée Diana, comme Wonder Woman. Mais je me doute que c'est malvenu de garder ce prénom. Tu n'as qu'à en choisir un autre...je me soumettrais à ta décision. Il n'avait pas changé de ton, se contentant de dérouler son discours sans sourciller et se payant le luxe d'adresser à Amelia un grand sourire enjoué à la fin de sa petite tirade. Il savait pertinemment ce que ce prénom signifiait, qui l'avait porté et ce que son évocation pouvait provoquer. Dans la même phrase, il avait été capable de planter un tison ardent dans les entrailles d'Amelia tout en lui abandonnant une décision importante de son plein gré. Les mots employés sont très importants pour Milo et le fait qu'il ai choisi le verbe "soumettre" pour se qualifier est plus que remarquable. A la fois odieux et magnanime, abject et grandiose, repoussant et magnétique, la Harpie passe d'un visage à l'autre avec aisance et fluidité, sans aucune transition, perdant rapidement son interlocuteur dans de véritables montagnes russes où on ne peut prévoir la teneur de ses prochaines paroles. Milo avance sur un fil où la laideur côtoie la beauté dans un numéro d'équilibriste horriblement gracieux et mesuré. Bon. Je vais aller me doucher. Je vous laisse faire connaissance toutes les deux. Il y a tout ce qu'il faut pour elle dans le coffre de la voiture. Je te laisse gérer ça, Amelia.

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Arrivée à Londres : 03/12/2017 Missives : 168 Points : 1638 Traits empruntés : Katherine Waterston Couleur RPs : rosybrown Pseudonyme : Azra Crédits : Azra + Beylin + Tumblr Je suis né(e) le : 3 mars et j'ai donc : 37 ans J'appartiens aux : oupyrs Actuellement, je suis : pas intéressée et je travaille comme : domestique je suis de la caste : des entretenus je vis à : West District j'offre mon allégeance : à Milo et mes valeurs sont que : je suis reconnaissante et fidèle à celui qui m'a tendu la main

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Dim 4 Fév - 22:38
Elle a toujours les yeux fermés. Elle ne peut pas se convaincre de mordre le petit corps chaud entre ses mains si elle doit le regarder. Elle sent Milo, tout contre elle. Sa présence. Il la terrifie autant qu’il la rassure. Elle ne sait jamais où elle en est avec lui. Il est une de ces créatures qui hantent les histoires et les nuits… elle aussi maintenant. Il a été là pour elle. Il la pousse dans ses retranchements, demande toujours plus d’elle, comme s’il voulait qu’elle commette un faux pas. S’attendait-il à ce qu’elle le déçoive ? S’attendait-il à ce qu’elle fuie ? La poussait-il à fuir ? Il était là, pourtant. Sa main, désespérément accrochée à son poignet. Il y avait une fêlure dans son âme à lui aussi. Elle n’était sûrement pas née du même traumatisme, ça non… mais… Amelia se réfugiait dans la balafre qui ornait le cœur de l’harpie.

Alors oui, elle ouvrit la bouche. Elle sentit ses crocs s’allonger. Elle percevait les battements de cœur du chaton. Il n’était pas affolé pourtant. Elle n’ouvrait toujours pas les yeux. Elle ne voulait pas croiser les prunelles de l’animal, car elle sait qu’elle perdait alors toute la volonté qu’elle avait finalement trouvée. Une autre larme roule. Mais ce n’est pas dans les poils du chaton qu’elle finit, c’est sur la main de Milo. Amelia rouvre les yeux, presque difficilement. Ses crocs retrouvent leur taille normale alors qu’elle lève la tête. Elle croise le regard de son employeur. Sa main sur sa joue apaise autant qu’elle brise son cœur. Tu allais vraiment le faire? Pour moi? Elle ne répond pas. En a-t-elle seulement besoin ? Veut-il l’entendre prononcer les mots ? Pour qui d’autre ? Ce n’était pas pour elle. Ce n’était pas pour un autre. Il n’y avait personne d’autre que Milo qui désirait la voir vivre encore, accepter cette nouvelle vie qui était la sienne.

Elle se laisse aller à l’étreinte et au baiser qu’il dépose sur son front. Elle inspire son odeur. La fragrance ne remplacera pas celle de Paul… mais Paul était mort. Il n’était plus là. Et il devait sûrement dégager une odeur plus qu’infâme. Elle s’en voulait malgré tout. Comment pouvait-elle accepter la façon dont Milo la traitait ? Elle n’était rien d’autre qu’un jouet à ses yeux… et pourtant… Merci, knopka. Elle ferme les yeux, à nouveau. Elle ne l’aurait pas avoué à voix haute, mais elle espérait que cet instant s’éternise. Elle avait besoin d’amour, Amelia. Elle avait besoin de tendresse… Elle avait besoin de se reconstruire… Mais cette bulle hors du temps se brisa quand le chaton remua, témoignant de son inconfort à être coincé entre leurs deux corps.

Humpf. Ta nouvelle amie sait comment se faire comprendre... Milo s’écarte et elle a l’impression qu’un vent glacé s’est engouffré sous son châle. Elle le regarde prendre place contre la table, comme si elle sortait d’un songe. Je me suis dit que tu devais commencer à t'ennuyer ici. Je t'ai vu arpenter ces pièces dans tous les sens. Un peu de compagnie quand je ne suis pas là te fera du bien. Oui, bien sûr, elle avait repéré quelques-unes des caméras… Elle se demanda brièvement s’il y en avait plus que ce qu’elle pensait… jusqu’où Milo allait pour tout contrôler, tout savoir ? Avait-il vu ses larmes, entendu les sanglots qu’elle étouffait dans son oreiller en repensant à sa vie perdue ?

Au refuge, ils l'avaient appelée Diana, comme Wonder Woman. Mais je me doute que c'est malvenu de garder ce prénom. Tu n'as qu'à en choisir un autre...je me soumettrais à ta décision. Son cœur se serra à cette annonce, lâchée sur le même ton, comme si de rien n’était. Elle vacille sur ses jambes, manque de lâcher la boule de poils. Diana… comme sa petite amazone… à nouveau, les larmes montèrent à ses yeux. Milo avait-il choisi l’animal pour le nom qu’il portait ? Ou avait-il inventé cette histoire de prénom ? Les lèvres de la jeune femme frémirent. Elle voulait lui jeter la petite bestiole dans les bras et remonter dans sa chambre, s’y enfermer pour le reste de la soirée. Comment pouvait-il… Il avait failli la laisser manger… Diana… Sa Diana… Son bébé. Sa si jolie petite fille. Je… Mais au moment où elle ouvre la bouche, il la devance. Bon. Je vais aller me doucher. Je vous laisse faire connaissance toutes les deux. Il y a tout ce qu'il faut pour elle dans le coffre de la voiture. Je te laisse gérer ça, Amelia.

Et il la plante là.
Avec Diana dans les bras.
Diana dans les bras.
Un sanglot lui échappe alors qu’elle sent ses jambes se dérober sous elle. Elle ne peut pas. Non, elle ne peut pas. Pourquoi… ? Pourquoi fait-il ça ? Pliée en deux sur ses genoux, Amelia se laisse aller à ses sanglots. Comment pouvait-il se montrer si doux et si vil en si peu de temps ? Elle avait besoin de Paul. Elle avait besoin de sa fille. Elle avait besoin de la vie qui grandissait dans son ventre. Ses mains entourèrent ses hanches et elle poussa un gémissement déchirant. Il n’y avait plus de vie en elle, rien du tout… Et Milo s’échinait à le lui rappeler sans cesse, comme si elle voulait qu’elle se débarrasse de son humanité comme d’une mue.

Elle reste là, elle ne sait pas pendant combien de temps. La voiture… Elle devrait sortir les sacs du coffre. S’occuper du chat… La voiture… Elle devrait la prendre et partir loin… Elle sait pourtant qu’elle ne le fera pas. Elle est perdue dans ce monde qui lui est parfaitement inconnu. Elle ne sait rien des dangers du dehors, ni comment s’en préserver. Elle ferait une proie si facile… Elle ne peut que rester… Alors elle se lève, péniblement, pour aller vider la voiture. Elle installe, presque machinalement, la litière et la gamelle du chat. Puis elle grimpe les escaliers, regagne sa chambre. Elle s’assoit sur la banquette près de la fenêtre, entoure ses genoux de ses bras. Que va-t-elle faire… Milo a raison… La compagnie du chat lui ferait du bien… Elle avait pourtant tellement envie de lui rendre son cadeau… Même si elle en changeait le nom… Elle savait… Elle savait que la petite créature avait porté celui de sa fille…

Elle ne sait pas combien de minutes passèrent encore… Milo allait sûrement l’appeler, ou venir la voir… Pour une raison ou pour une autre… Mais alors qu’elle se perdait dans la contemplation du paysage sous sa fenêtre, c’était des petits miaulements stridents qui la dérangeaient… La minette, quelque part dans les entrailles de la maison, implorait qu’on s’occupe d’elle. Amelia songea un moment à l’ignorer, à laisser Milo s’en occuper… C’était lui qui l’avait ramenée, non ? Elle frémit en se disant qu’il l’avait ramenée elle aussi, chez lui… Comme un animal abandonné qu’il aurait recueilli… Puis, ne supportant plus les pleurs de l’animal, Amelia finit par se mettre à sa cherche…

Quand elle la retrouva enfin derrière un fauteuil, l’oupyr la tira doucement vers elle pour la prendre sur ses genoux alors qu’elle s’était assise au sol. Qu’est-ce que je vais faire de toi… Nastya… Elle marqua une pause, gratouillant la minette derrière l’oreille. Ça te va, comme prénom, Nastya… ?

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Lun 5 Fév - 0:02
La discussion tourne court et Milo laisse Amelia plantée debout dans le salon. Un coup de poing en plein visage n'aurait pas eu le même impact. L'oupyr aurait certainement préféré ce genre de sévice. Incroyable à quel point il peut s'avérer odieux sans s'en émouvoir, car la Harpie a parfaitement conscience des horreurs qu'il profère. Milo est loin d'être le genre de type à commettre des maladresses ou à mettre gauchement les pieds dans le plat. Il a vécu dans des cours où on s'affrontait à coup de langue acérée. Il s'est amusé à influencer le cours de conflits. Il a vécu presque deux siècles sans être réellement inquiet. Lorsque ses paroles blessent, c'est volontairement et bien qu'il soit incapable d'éprouver l'horreur qu'il inflige, il sait en évaluer l'impact. Il vient de faire fort, très fort. Il la laisse avec Diana dans les bras....cocasse. Mais déjà une nouvelle mauvaise idée germe dans son esprit malade.

Sans se retourner, il gravit les escaliers menant au premier où se trouve la salle de bain. Machinalement, il se jette un regard à travers le miroir au-dessus des vasques. A ce qu'il paraît, lorsque l'on agit mal, on est incapable de se regarder en face. Milo plisse les yeux soutenant les iris noirs devant lui. Bien. Il se sent relativement bien. Lentement, il approche son visage de son reflet, il lève la main à son visage, tire doucement sur sa peau pour faire ressortir sa cicatrice. Elle est peut-être là, sa honte. Cette marque profonde d'une haine qu'il n'a jamais comprise. Il la cherchait, ils se trouvaient et elle le rejetait. De plus en plus violemment. Les secondes filent, il renifle avec mépris quand il croise de nouveau son propre regard. Un jour, il s'en débarassera. Il se déshabille et se dirige vers la cabine de douche. .
Durant toutes ces minutes passées sous le jet d'eau, Milo avait ruminé la suite de la soirée. Un ultime outrage à Amelia et il s'estimerait satisfait. Pourtant, maintenant face à son futur méfait, il hésite. Debout devant le miroir, les mains étreignant avec fureur le bord des vasques, Milo a les yeux baissés sur un flacon ouvert contenant un liquide ambré...depuis qu'il a sorti l'objet, il est incapable d'esquisser le moindre geste. La Harpie sait ce qu'elle doit en faire mais son corps n'obéit pas.
Lorsqu'il avait trouvé Amelia baignant dans le sang de sa famille, il ne s'était pas rué sur elle comme un messie. Il avait flané dans la maison s'imprégnant de l'atmosphère et des présences qui y vivaient encore avant l'arrivée ( de Dimitri! ) du traître. Il s'était attardé sur les photos accrochées aux murs, il avait parcouru des yeux les bibliothèques, il avait ouvert quelques placards. Il était aussi entré dans les chambres et avait visité la salle de bain. Sur le moment, Milo n'avait pas freiné le geste spontané qu'il avait eu. Il a toujours fait confiance à son instinct alors, il avait emmené avec lui le parfum de Paul. Aucune idée de quoi en faire mais il avait la certitude que cela lui sera utile à un moment ou à un autre. Le moment aurait du être venu. Mais qu'est-ce-qui le retenait? Pourquoi n'arrivait-il pas à lever les yeux? Les mâchoires crispées, il laissa s'échapper un juron russe et vissa avec fureur le bouchon sur le flacon avant de le ranger au fond d'un meuble, derrière un tiroir. C'est à ça que ressemble la culpabilité? C'est nul. Passant nerveusement une main dans ses cheveux humides, Milo arpente quelques instants la pièce de long en large comme un lion en cage. Il se fige lorsqu'il soutient de nouveau son regard. Espèce de sale faible...crache-t-il rageusement à son reflet.

C'est à pas de loup que Milo était descendu. Silencieux comme un chat, évitant les marches qui craquent, il ne décolérait toutefois pas contre lui-même et cette foutue faiblesse. La Harpie déteste les changements sur lesquels il n'a aucun contrôle. C'est le genre d'événement qui le met aussitôt sur des charbons ardents. Et là...l'éruption est à fleur de peau et il suffirait d'un rien pour mettre le feu aux poudres. Où est-elle? Où est Amelia? Il ne remarque pas les discrets changements que la venue du chaton avaient provoqué, seule l'absence de sa oupyr lui saute aux yeux. Il la sent arriver au triple galop...la crise de paranoïa. C'est une vague froide qui envahit d'abord ses doigts, rampe sur ses mains, remonte le long de ses bras et puis, du coin de l'oeil, il aperçoit un mouvement léger derrière un large fauteuil.
Là, assise au sol, le chaton sur les genoux...Amelia. La vision si paisible de ce tableau étouffe aussitôt les flammes de la colère. C'est si innocent. Il se félicite d'avoir eu cette idée ne repensant pas une seconde à la manière affreuse dont il a présenté ce cadeau. Abandonnant toute discrétion, Milo s'approche de l'oupyr. Nastya? dit-il d'une voix douce. C'est joli. Il hoche la tête et croise alors son regard. Elle a pleuré. Ses traits en sont encore marqués ne la rendant que plus belle. Sa fragile et délicate poupée de verre. Oh comme il chérit ces émotions qu'elle ne sait pas encore cacher, cette douleur qui appelle ses propres tourments. La petite boule de poils quitte soudain les genoux d'Amelia pour s'attaquer à la jambe du large pantalon noir de la Harpie, le tirant de sa rêverie. Et bien...quel caractère. L'ingratitude des chats n'est donc pas une légende. soupire-t-il déjà lassé par la joie naturelle de l'animal. Prenant place aux côtés de l'oupyr au sol, il agite les doigts pour éloigner le chaton et attirer son attention sur la petite boule de poussière accrochée à ses moustaches. Se tournant vers Amelia, il referme les bras autour d'elle. Ne t'en veux pas pour ce que t'allais faire. Je suis fier de toi Amelia. C'est vibrant de sincérité. Une fois de plus, le monstre s'efface derrière quelque chose de doux presque aimable qui étreint et s'accroche comme un enfant qui a peur. Je ne te demanderais plus jamais de faire ça. On va continuer comme on a toujours fait. Il s'écarte avant de cueillir le visage de l'oupyr entre ses mains, apuuyant son front contre le sien. Je te le promet. murmure-t-il. Et il y croit à sa promesse. Aucune sournoiserie ou maléfice dans les yeux noirs, juste cette fichue créature étrange et désespérée.

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Lun 5 Fév - 12:48
Elle ne l’a pas entendu arriver. Il sait comment ne pas faire de bruit quand il le désire. Elle est là, en train de jouer avec le chat. Une de ses mains entoure l’animal pour qu’il ne chute pas, l’autre s’agite au-dessus de son museau, de ses petites pattes aux griffes déjà acérées. Elle évite les entailles sanglantes de peu, à chaque fois. Et, à chaque fois, elle revient gratouiller ce petit ventre offert. Nastya? Amelia sursaute presque au son de la voix de la harpie. Elle ne l’avait pas entendu arriver. Elle lève les yeux vers Milo. Ses cheveux sont encore humides et des gouttes ornent leurs pointes avant de tomber au sol. Dans sa contemplation, elle laisse le chaton croquer le bout de son index, parfaitement distraite. C'est joli. Ce regard si sombre se plonge dans le sien. Elle ne saurait dire ce qu’il voit sur son visage. Amelia n’avait jamais été du genre à se maquiller à outrance, ni même à faire de gros efforts. Elle avait néanmoins la chance d’être ravissante peu importe ce qu’elle portait, et avec bien peu de fard sur ses traits. Une chance, oui, car si elle était des plus patientes, elle ne l’aurait jamais été pour ces artifices dont les femmes raffolaient.

Nastya quitte ses genoux pour rejoindre son autre maître. Elle tire sur ce pantalon de ses griffes, comme si elle voulait grimper à ses jambes. Comme si elle voulait leur rappeler qu’elle était encore là, oui oui. Ne m’oubliez pas, grandes bestioles. Et bien...quel caractère. L'ingratitude des chats n'est donc pas une légende. C’est un sourire qui répond au soupir de Milo. Elle ne sait pas si elle doit se lever et le rejoindre ou… mais déjà, il la prend de court et vient s’asseoir à côté d’elle au sol. Il distraie l’animal pour mieux l’entourer elle de ses bras. Elle hésite à poser sa tête contre son épaule. Le souvenir de Paul la hante toujours, là, quelque part… Ça ne fait que quelques mois à peine… La peine ravage toujours son cœur et elle s’en veut de se laisser distraire par le charisme de Milo. Elle s’en veut de se laisser aller à cet étrange réconfort qu’il parvient à lui offrir dans ces instants de douceur. Ne t'en veux pas pour ce que t'allais faire. Je suis fier de toi Amelia. Elle, elle n’était pas fière d’elle. Elle repose les yeux sur le chaton qui essaie de se débarrasser de la poussière accrochée à ses moustaches. Et dire qu’elle avait failli la manger… Manger Diana… Non, elle s’appelait Nastya maintenant. Ce n’était plus Diana. Diana était partie.

Je ne te demanderais plus jamais de faire ça. On va continuer comme on a toujours fait. Elle relève les yeux vers Milo, pleine d’espoir. Elle laisse sa joue se presser contre la paume de la harpie alors qu’il entoure son visage. Elle se noie dans ses yeux. Pourquoi n’avait-il pas le pouvoir de lui faire tout oublier… ? Ça serait tellement plus simple… Elle ne comprenait toujours pas pourquoi le monstre qui avait tué les siens l’avait laissée en vie… Elle n’avait pas envie de cette longévité augmentée si c’était pour la passer sans eux… Pourtant… Elle s’accrochait à Milo comme à une bouée dans un océan déchaîné… mais il était la bouée et l’océan. Son front contre le sien, elle ferme les yeux. Elle inspire l’odeur de son savon, laisse une des gouttes de ses cheveux rouler sur sa peau. Je te le promet. Elle rouvre les paupières, se perd dans ses prunelles sombres. Leurs visages sont si proches. Son regard glisse à peine sur la cicatrice qui barre celui de la harpie. Elle n’avait jamais trouvé la force de lui demander d’où elle venait. Elle lève la main, effleure doucement l’arc de sa mâchoire.

Merci… souffle-t-elle enfin. Je ne sais pas si j’y arriverais un jour… Pourtant, quand il lui apportait le sang, elle ne rechignait pas à l’avaler. Son instinct se faisait plus fort et elle savait qu’elle devait s’en nourrir pour ne pas dépérir… mais chasserTuer… Elle ne s’en sentait pas capable. Dut-elle être dépendante de Milo pour le reste de son existence. Elle avait toujours été la plus douce des créatures, sans jamais une once de méchanceté ou de vilénie en elle… Comment avait-on pu lui faire cela ? Comment avait-on pu la transformer elle en une créature suceuse de sang ? Ce n’était pas fait pour elle, ça ne le serait jamais…

Finalement, elle se laissa aller et posa sa tête contre l’épaule de Milo. Son regard se perdit dans la direction de Nastya qui jouait, entre leurs jambes, avec le morceau de poussière qu’elle avait réussi à déloger de ses moustaches. Elle était adorable. Elle distrairait plus facile ses pensées qu’un livre… jusqu’à ce que la routine menace à nouveau… Merci… pour le cadeau… Même si le souvenir de ce qu’elle avait failli faire la torturait encore. Même si elle ne devrait pas s’attacher à la petite minette. Même si Milo n’était pas la plus douce des créatures… mais il était tout ce qu’il lui restait dans ce monde dans lequel on l’avait catapultée sans lui demander son avis…

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Lun 5 Fév - 15:23
Elle est si proche, juste à portée de souffle et sa détresse est si nue, sans fard ni mesure. Le visage d'Amelia a envahi son champ de vision et, plongé dans les yeux de l'oupyr, Milo aurait presque la sensation que le temps se cristallise lentement. Elle s'abandonne à ses fantômes, il les voit, ces spectres qui ne renoncent pas à la libérer parce qu'elle n'est pas résolue à s'en départir...il possède un lui-même. Il sait que derrière le front de la jeune femme des pensées contraires se télescopent et qu'il y a sa place, comme une araignée au creux d'une toile. Jour après jour, Milo resserre inexorablement les liens effilés qui les unissent. La cruauté se mêle à la bienveillance en un équilibre fragile et vacillant. Il est à la fois la menace et le salut, un rempart qui protège autant qu'il enferme. Qu'il est divin cet espoir qui éclaire soudain les yeux de l'oupyr lorsqu'il lui assure qu'il ne lui imposera plus de s'attaquer à des petites créatures innocentes et mignonnes. La Harpie avait presque oublié l'intensité de cette émotion et une partie de lui se languit déjà de le réduire à l'état de braises tremblantes cruellement ravivées puis étouffées. Les ténèbres sont assoiffées de lumière et celle d'Amelia est si pure.
Milo ne la voit pas lever la main mais il sent ses doigts effleurer la courbe de sa mâchoire, glisser brièvement sur cette antique zébrure qui a fait voler en éclats tous les futurs Milo possibles pour sceller définitivement le destin de cette créature tordue qui arpente Londres depuis sept décennies. Elle lui confie ses doutes sur ses capacités à parvenir à se nourrir seule et il ne s'emporte pas. Aucune remarque acide ne lui monte aux lèvres. Aucune pique cinglante ne lui échappe. Aucun commentaire désobligeant ne répond à cet aveu. La Harpie ferme un instant les yeux comme s'il comprenait cette incertitude, comme s'il l'acceptait de s'en accommoder de bonne grâce. La dépendance d'Amelia est loin d'être déplaisante et sert plutôt bien son besoin maladif de posséder, de sentir essentiel aux yeux de quelqu'un mais...une oupyr pouvant être indépendante et qui reste pour lui et rien que pour lui, c'est bien plus gratifiant. Tu y arriveras, Amelia. Je t'y aiderais. Je serais là à chacun de tes pas. Je t'accompagnerais à chaque étape. murmure-t-il en frôlant son nez du sien. Il est sûr de lui parce qu'il sait qu'il obtient très souvent ce qu'il veut. Grave et sérieux, il poursuit J'ai confiance en toi. Tu ne me décevras pas. Pas comme ce maudit traître, ce faux frère qui n'a pas hésité une seconde à le lâcher après tout ce qu'il avait fait pour lui. S'il ne l'avait pas tué, il l'aurait offert à Amelia. Elle ne serait peut-être pas restée si douce, si pacifique...il n'y a rien de plus beau qu'un être humain et moral qui se laisse aller aux infamies les plus folles, les plus tordues. Un battement de cils chasse les flammes acides de la rancune au fond de ses yeux sombres. Oh non, Amelia. Tu ne me décevras pas et j'aurais tout le temps pour t'amener à explorer ces zones noires que tu ne voies pas encore en toi. Sa main glisse dans les cheveux de l'oupyr jusqu'à se poser sur sa nuque. Sans qu'il ne l'exige, sans aucune pression impérieuse à venir à lui, l'oupyr lui cède, courbe le cou jusqu'à ce que sa tête se cale au creux de son épaule. La satisfaction fait naître un sourire qu'elle ne voit pas. Il sent sa respiration contre sa peau, les courbes de son corps entre ses bras, spontanément, Milo caresse les cheveux de la jeune femme en un geste protecteur et apaisant, montrant une fois de plus que dans le chaos bouillonnant de sa psyché, il existe des instants d'accalmie.

Une petite voix se faufile jusqu'à son oreille. Des mots de gratitude pour le chaton qu'il a ramené. Milo hausse une unique fois les épaules. Ce n'est pas grand chose. répond-il en l'étreignant un peu plus fort. Ce n'est qu'une adorable petite créature sauvée de l'euthanasie. Ce n'est qu'un peu de compagnie. Ce n'est qu'un nouveau moyen de pression, une nouvelle source de chantage. Ce n'est qu'un fil barbelé de plus qui la lie à lui. Les cadeaux de Milo sont souvent à double tranchant et ce qui provoquait de la joie peut vite devenir une source de souffrance. Il ne tient qu'à elle de ne pas amener la Harpie à prendre des dispositions radicales que l'oupyr regretterait amèrement. Prenant une profonde inspiration, Milo penche légèrement la tête dans la direction de celle d'Amelia. Elle a le visage tourné vers l'extérieur, dirigé vers la petite chatte noire qui dérape sur le plancher à chaque petit bond qu'elle esquisse. Pourquoi tu ne me demandes jamais rien, Amelia? lâche-t-il de but en blanc. Question volontairement floue et ambigue. Parle-t-il de biens matériels ou de son absence de curiosité à son égard?

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Arrivée à Londres : 03/12/2017 Missives : 168 Points : 1638 Traits empruntés : Katherine Waterston Couleur RPs : rosybrown Pseudonyme : Azra Crédits : Azra + Beylin + Tumblr Je suis né(e) le : 3 mars et j'ai donc : 37 ans J'appartiens aux : oupyrs Actuellement, je suis : pas intéressée et je travaille comme : domestique je suis de la caste : des entretenus je vis à : West District j'offre mon allégeance : à Milo et mes valeurs sont que : je suis reconnaissante et fidèle à celui qui m'a tendu la main

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Lun 5 Fév - 17:21
Il ne répond pas quand elle lui expose ses doutes. Elle effleure doucement la courbe de sa mâchoire. Sa peau si douce, les quelques poils qui s’accrochent à son menton. Elle ne devrait pas. Mais il est le seul auquel elle peut se raccrocher. Il est son phare, dans ce monde d’obscurité. Pourtant, sa lumière se teinte de carmin, lui rappelant qu’il n’est pas plus humain qu’elle… qu’il n’est pas Paul. Que c’est son monde a lui qui a recouvert le sien d’un voile écarlate. Tu y arriveras, Amelia. Je t'y aiderais. Je serais là à chacun de tes pas. Je t'accompagnerais à chaque étape. Elle ferme les yeux en sentant son nez contre le sien. Elle n’était pas sûre de pouvoir y arriver, non… Ne pouvaient-ils pas juste continuer comme ils le faisaient à l’heure actuelle ? C’était plus facile… tellement plus facile… J'ai confiance en toi. Tu ne me décevras pas. Elle frémit à peine. Elle n’a pas envie de le décevoir, non. Elle a envie qu’il la regarde avec un sourire dans les yeux, pas avec cette mélancolique tristesse ou cette rage enflammée.

Elle soupire presque de cette main qu’il glisse dans ses cheveux, jusqu’à sa nuque. Elle n’a pas envie de le décevoir. Elle n’a pas envie de tuer non plus. Elle sait, qu’à un moment ou à un autre, les deux entreront en conflit. Les deux s’entrechoqueront, plus encore qu’à cet instant. Elle pose sa tête contre son épaule, dans le creux de son cou. Les yeux fermés, elle se prend à imaginer un fugace instant que c’est Paul, qui la serre ainsi tout contre lui, qui lui caresse les cheveux. Mais ce n’est pas son odeur. Ce n’est pas son cœur qu’elle entend battre contre son oreille. Et Milo n’aimerait certainement pas qu’elle le remplace par un autre dans le songe de ses pensées. Même si cet autre avait été son unique, son soleil, pendant plusieurs années. Celui qui l’avait rendue heureuse, au-delà d’un anneau au doigt, au-delà de la petite fille à laquelle ils avaient donné naissance… au-delà de ce petit garçon qui n’avait jamais pu voir le jour.

Alors elle rouvre les yeux, pour éviter à son esprit les dérive qu’elle lui connaît si bien. Elle observe Nastya qui joue, qui dérape et culbute. Ce n'est pas grand chose. Il hausse les épaules mais l’étreint un peu plus fort, comme s’il ne voulait pas que son mouvement ne la déloge de son corps. Elle sent son torse se soulever alors qu’il inspire profondément. Elle se demande un instant quelle est la question qu’il va poser, laquelle nécessite ce genre de prise de courage. Elle sent ses cheveux, puis son menton, contre son front, alors qu’il tourne la tête, mais elle contemple toujours le chat. Pourquoi tu ne me demandes jamais rien, Amelia? La question la prend cependant au dépourvu et elle lève les yeux vers lui. Elle cligne des paupières un instant, la bouche entrouverte. Elle se perd dans la contemplation de ses traits presque sauvages. Sa main, posée sur son torse depuis que sa joue avait trouvé le creux de son épaule, effleure doucement la lisière entre le tissu et le cou de la harpie.

Elle s’interroge sur le sens de sa question. Parle-t-il de son passé, de son quotidien ? Parle-t-il de choses plus triviales ? Elle reste silencieuse encore un moment, qui lui semble être une éternité. Elle ne sait pas comment répondre. Pourquoi ne lui demandait-elle jamais rien ? Possédait-elle donc si peu de curiosité ? Possédait-elle donc tout ce dont elle avait besoin ? Elle réfléchit et, petit à petit, une interrogation prend forme dans ses pensées, comme les pièces d’un puzzle qui s’emboîtent les unes dans les autres. Elle détourne le regard, finalement. Osera-t-elle l’affronter quand elle murmurera les mots qui s’enchaînent dans son esprit ? C’est à son tour de prendre une inspiration pour se donner du courage. Comment m’as-tu trouvée… ? demande-t-elle enfin. Peut-être ne demandait-elle jamais rien parce qu’elle avait peur de souffrir des réponses. Amelia ne voulait plus souffrir. Mais, un jour où l’autre, elle devrait savoir… Autant que ce soit maintenant… autant que ce soit quand Milo n’était pas de méchante humeur… Elle redoutait pourtant la réaction qu’il aurait face à ses questions. Pourquoi ne pas m’avoir laissée mourir avec… Sa voix se brise. Elle ne peut pas prononcer leurs prénoms. C’est juste impossible. La plaie est encore trop vive dans son cœur.

Était-ce le genre de réponses qu’il attendait à sa question ? Elles étaient presque égoïstes, quand on y pensait superficiellement… mais, au fond, si on creusait un peu, les réponses qu’il lui donnerait la renseignerait tout autant sur elle-même que sur les motivations de la harpie, sur ce qui l’avait mené jusqu’à elle. Peut-être même sur ce qu’il ressentait à son égard. Elle hésite encore un instant, avant de lever à nouveau les yeux vers lui. Les larmes menacent, comme les nuages dans un ciel d’été. Il y avait tellement de choses, en vérité, qu’elle voulait savoir, qu’elle voulait demander… Mais aucune n’était matérielle… Pourquoi ne lui demandait-elle jamais rien ? Elle avait un toit, un lit, à manger, et même un protecteur… que demander de plus qu’il ne lui offrait déjà… si ce n’était des réponses ?

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Lun 5 Fév - 20:26
Qui suis-je, où vais-je, d'où viens-je. Même en appartenant au monde du surnaturel, on en revient sans cesse à ces questions existentielles.

Te sens-tu vraiment assez forte pour savoir? commence-t-il en fronçant légèrement les sourcils, l'air sincèrement soucieux. Il ne veut pas qu'elle se brise comme du verre quand il parlera, pas maintenant quand ses fêlures le charment toujours. Elle joint une seconde demande; pourquoi ne l'a-t-il pas laissé mourir? Du bout des doigts, il essuie les larmes qui menacent de rouler sur les joues de l'oupyr rivant son regard au sien. Prononcer les noms des membres de sa famille est encore au-dessus de ses forces, mais elle pense vouloir savoir. Des réponses semblent être la seule chose qu'elle désire. Montre-moi ta volonté, Amelia. Montre-moi à quel point tu veux savoir. Montre-moi ce qu'il reste de ton ancienne volonté. Elle soutient son regard sombre qui cherche à la déstabiliser avec cette intensité obscure qui trouble et fait vaciller les convictions. Et puis, un imperceptible sourire fait frémir les commissures des lèvres de la Harpie et l'impression de se trouver nu devant deux gouffres abyssaux s'éclipse. Belle détermination knopka... concède-t-il en hochant la tête. Viens. Le plancher ne me paraît pas très approprié pour ce genre de discussion. Il se relève avant de lui tendre la main. Il contourne la longue table, se dirige vers le canapé, Amelia à sa suite. Patiemment, il attend qu'elle s'y installe avant d'y prendre place.
Assis l'un à côté de l'autre, le regard rivé devant eux sur une cheminée qui n'a pas connu de flammes depuis des années, ils restent un moment silencieux, Milo ménageant son petit effet car il est au centre de l'attention. Elle est suspendue à ses lèvres, elle doit redouter ce qu'il va lui dire. Milo s'immisce dans le dernier tableau qu'elle a de sa famille. Repliant une jambe sous lui, il se tourne vers l'oupyr et s'empare de ses mains. Je ne t'ai pas trouvée. On m'a indiqué où tu étais. commence-t-il en se mordant la lèvre inférieure. Il risque d'être amené à parler d'un tabou personnel. Par l'Enfer, la tâche lui est soudain bien difficile. Il se retrouve presque dans le même état qu'elle, incapable de prononcer le prénom de (Dimitri) du traître. Ce n'est que la tristesse qui le musèle, il y a également cette fureur qui ne faiblit jamais. La Harpie est affreusement rancunière. Milo a pris soin d'effacer toute trace de cet être parjure. Il a anéanti ses chairs. Il a détruit les biens que ce dernier possédait. Il a formellement interdit à quiconque de prononcer son prénom en sa présence. L'évocation même à demi-mots, même dans le sous-entendu le plus nébuleux était proscrit. Milo l'avait complètement effacé de l'histoire des vivants et de leurs anecdotes. Il ne restait plus rien du traître. Il n'avait même jamais existé. Seuls restaient les souvenirs de la Harpie.

Le sujet est brûlant alors, Milo élude et adopte instinctivement une voix froide et détachée. Je connaissais l'oupyr qui t'a attaqué mais j'étais loin de m'imaginer qu'il était capable de faire ça. J'avais toute confiance en lui et cette nuit, celle de ta renaissance fut celle où il m'a trahi. Il savait que j'allais le retrouver, personne ne m'échappe... murmure-t-il avec un petit reniflement narquois...et il savait que l'issue serait fatale. Mais il a cru pouvoir acheter ma clémence en me donnant ta vie en échange de la sienne. La voix grave poursuit d'un ton dépouillé de la moindre émotion. Milo s'emmure, se retranche derrière un masque inexpressif et impénétrable. Pourquoi toi? Je ne sais pas. Un triste hasard certainement. Et Milo n'a nulle envie de se pencher sur les motivations du choix de Dimitri. Pourtant, s'il le faisait, il arriverait à la conclusion que c'est le statut de mère qui a condamné Amelia. L'autre oupyr connaissait le passé familial de la Harpie.
Je l'ai tué. Je l'ai fait pourrir jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Une ombre fugitive traverse son regard qui s'efforce de garder une neutralité factice. Milo ne peut retenir la brève pression que ces derniers mots provquent au bout de ses doigts. Il se reprend aussi vite qu'il vacille. Et j'ai été chez toi. Qu'est-ce-que je pouvais faire d'une oupyr nouveau-né? Je ne pouvais pas te laisser en route libre. Quand j'ai vu ta famille...quand je t'ai vu... Il lève une main jusqu'au visage d'Amelia,a la pose sur sa joue et caresse délicatement ses lèvres du pouce avec un triste sourire. J'ai compris que tu étais maintenant seule. Aussi seule que moi.

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Lun 5 Fév - 21:20
Te sens-tu vraiment assez forte pour savoir? Son cœur lui hurle que non. Elle n’est pas assez forte. Elle va se briser comme une bulle de cristal. Est-elle vraiment prête à entendre le récit de ce qui a mené les gens qu’elle aimait à la mort… ? Non, certainement pas. Sous les sourcils froncés de la harpie, elle ne parvient pourtant pas à lui affirmer qu’elle ne pourra pas endurer cette épreuve. Sa main sur sa joue lui dire un léger soupir, presque un gémissement. Les larmes ne roulent pas encore, mais pourtant, il vient les cueillir, comme s’il ne voulait pas les voir ruisseler sur sa peau pâle. Elle soutient son regard, sans rien dire. Les mots sont bloqués dans sa gorge. Elle voit ses lèvres remuer à peine, frémir, dans un sourire qui s’achève avant même d’avoir commencé. Belle détermination knopka... C’était pas de la détermination. C’était la peur, tout au fond de ses entrailles, tout au fond de son cœur, qui la clouait sur place, qui l’étouffait, la rendait muette. Viens. Le plancher ne me paraît pas très approprié pour ce genre de discussion. Elle le suit du regard alors qu’il se relève. Pourrait-elle seulement tenir sur ses jambes ? Elle n’en sait rien. Ses yeux glissent jusqu’à sa main tendue. Cette paume, large, qui peut engloutir la sienne si facilement. Qui l’engloutit si facilement. Qui la relève sans difficulté.

Elle le suit, docile, jusqu’au canapé qui fait face à la cheminée inerte et glacée. Elle s’assoit, bien heureusement de ne plus faire porter le poids de son cœur à ses jambes. Il se pose à son tour, à ses côtés. Elle a l’impression d’être minuscule… si frêle. Elle ne le quitte pas du regard, elle attend qu’il parle, que ses lèvres pleines se remettent en mouvement. Il glisse une jambe sous lui, s’empare de ses mains. Elle aurait presque eu un mouvement de recul. A-t-il peur qu’elle prenne la fuite à ses révélations ? Elle les a demandées… mais… elle a peur, ça oui. Je ne t'ai pas trouvée. On m'a indiqué où tu étais. Elle vacille, comme si elle avait attrapé une insolation, comme si elle avait voulu se redresser trop vite. Elle l’observe, l’épie, sans rien dire. Elle voit les émotions, dans le fond de ses prunelles. Ou peut-être les imagine-t-elle. Milo est si doué pour dissimuler ce qu’il pense, ce qu’il ressent.

Déjà, le trouble qu’elle avait perçu chez lui s’efface pour la laisser face à son armure de glace. Je connaissais l'oupyr qui t'a attaqué mais j'étais loin de m'imaginer qu'il était capable de faire ça. J'avais toute confiance en lui et cette nuit, celle de ta renaissance fut celle où il m'a trahi. Il savait que j'allais le retrouver, personne ne m'échappe... Il murmure. Si la maison n’avait pas été plus silencieuse qu’un tombeau, elle ne l’aurait peut-être pas entendu. Personne ne m’échappe… Le reniflement est presque dédaigneux, mais Amelia ne sait pas bien comment elle doit prendre cette phrase. Est-ce une mise en garde. Il parle de trahison, de vengeance. Elle ne voulait pas s’échapper, elle ne voulait pas fuir, elle ne voulait pas le quitter. Elle ne voulait pas affronter ce monde seule… Et elle ne pouvait pas le laisser à sa solitude non plus. ...et il savait que l'issue serait fatale. Mais il a cru pouvoir acheter ma clémence en me donnant ta vie en échange de la sienne. Elle frémit et ses doigts se crispent contre ceux de Milo. Sa vie en échange de la sienne…

Il s’était barricadé derrière son armure mais elle connaît cette fêlure en lui… même s’il n’avait jamais mis les mots dessus avant ce jour, Amelia n’était pas dupe, elle n’était pas aveugle. Son métier avait été d’être à l’écoute des autres, au-delà de ce qu’ils pouvaient dire… Être médecin ne voulait pas simplement dire posséder des compétences en médecine… pas aux yeux de la jeune oupyr en tout cas. Pourquoi toi? Je ne sais pas. Un triste hasard certainement. Elle ferme les yeux, secoue la tête. Le hasard… Il avait fallu qu’elle soit sur le chemin d’une créature souhaitant échapper à une autre. Une larme se fraie un chemin à travers ses cils.

Je l'ai tué. Je l'ai fait pourrir jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Elle frissonne à nouveau. Celui qui l’avait condamné à cette vie était mort. Des mains qui entouraient les siennes. Tué par celui qui se tenait juste à côté d’elle. Elle rouvre les yeux quand Milo serre un peu plus ses doigts autour des siens. Et j'ai été chez toi. Qu'est-ce-que je pouvais faire d'une oupyr nouveau-né? Je ne pouvais pas te laisser en route libre. Quand j'ai vu ta famille...quand je t'ai vu... Elle se laisse aller à la caresse sur sa joue, à son pouce sur ses lèvres. Une larme vient à la rencontre de ses phalanges. J'ai compris que tu étais maintenant seule. Aussi seule que moi. Dead and broken, my backs against the wall cut me open… I… Just trying to breathe… Just trying to figure it out… Because I built these walls, to watch 'em crumble down… Then I lost it all… Who can save me now… ?

Elle remue sur le canapé, referme la distance entre eux deux. Elle a besoin de sa présence. Elle a besoin de son réconfort. Alors, malgré l’armure glacée qu’il a revêti à la narration de son histoire, elle vient se blottir entre ses bras. Elle l’entoure des siens, comme elle peut. Elle pose sa joue contre son torse. Elle reste silencieuse un instant, essayant de calmer ses sanglots au rythme profond de la respiration contre son oreille. Je ne te demande jamais rien parce que tu m’offres déjà tant… murmure-t-elle. Non, elle n’était pas prête à endurer les réponses qu’il pouvait lui donner. Peut-être ne le serait-elle jamais. Paul, Diana, le petit garçon dans ses entrailles… tous morts parce qu’un oupyr avait voulu fuir Milo. Elle aurait dû s’en inquiéter. Elle aurait dû y voir un avertissement. Qu’est-ce qui avait bien pu pousser cet inconnu à s’en prendre à eux… à ne voir que cet échappatoire… face à l’homme qu’elle serrait dans ses bras. Il ne l’avait pas laissée mourir. Elle ne le laisserait pas à la petite mort de la solitude. Elle voulait faire fondre cette carapace… Elle voulait abattre ce mur autour de son cœur… pourquoi vivre éternellement si on ne pouvait pas aimer… ?

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Mar 6 Fév - 12:44
Il n'y a plus rien à ajouter. Un jour, peut-être, Amelia voudra connaître tous les détails. Un jour, peut-être, Milo devra partager le fantôme du traître avec elle. Mais ça ne sera pas pour ce soir. Il y a toujours l'éventualité que l'oupyr s'estime satisfaite de ces faits énumérés avec une certaine froideur. Après tout, le coupable est mort, il n'y a plus aucune raison de nourrir une quelconque envie de vengeance. Mais Milo en doute. Il sait qu'Amelia est loin d'être idiote et en repensant à cet échange, elle saisira qu'il reste des zones d'ombre que la Harpie n'a pas éclairées.
De même, Milo ne mentionne pas ces longues minutes au domicile des Thorn ou il a déambulé de pièce en pièce. Il tait s'être attardé sur les photos familiales et la jalousie vive qui l'a tisonné en voyant ces regards heureux. La fierté d'un parent qui rencontre enfin son enfant tant désiré...la confiance aveugle d'une petite fille qui rit aux éclats dans les bras d'un père qui la fait sauter en l'air...la complicité qui lie une famille grimaçant à l'objectif...l'amour total d'un jeune couple de mariés qui a toute la vie devant lui et se regardent plein d'espoir...le respect d'un médecin entouré de ses petits patients...Milo avait envié chacun de ces regards figés dans le temps. Il avait jalousé chacune de ces scènes de félicité, chacune de ces étapes d'une vie simple et heureuse.

Une goutte amère glisse entre ses doigts, prémisses d'un orage trop longtemps contenu. Elle ne le fuit pas bien qu'il ai avoué être capable de faire disparaître un être vivant d'un toucher. Elle n'explose dans une débauche affective larmoyante qui lui aurait mis les nerfs en pelote. Elle ne cabotine pas une émotion espérant s'attirer ses bonnes grâces. Elle ne se replie pas sur elle-même gardant sa douleur avec un égoisme masochiste. La vérité l'a poignardée mais c'est vers lui qu'elle se tourne. Elle a besoin de lui et il savoure ces précieuses secondes où il se voit plein de qualités dans son regard brillant. Tout va bien. chuchote-t-il d'une voix qui retrouve sa douceur et son ton onctueux, aussi réconfortant qu'il puisse être ignoble.
Changeant de position sur le canapé, Amelia vient chercher ses bras, noue les siens dans son dos. Des sanglots silencieux secouent les frêles épaules. Ce n'est pas feint, c'est authentique ce besoin, et ça le remplit d'une chaleur qu'il n'avait plus éprouvée depuis longtemps. Les iris de Milo s'égarent sur le mur devant lui et un sourire satisfait flotte sur ses lèvres. Il enveloppe Amelia de ses bras, de sa présence qui peut être tellement monolithique et si écrasante, il calme ses tremblements en faufilant ses doigts dans ses cheveux au rythme de sa respiration mesurée. La créature instable qui marche sans cesse sur le fil du rasoir semble éprouver une sérénité qui ne lui sied que très rarement. Il pourrait passer l'éternité à juste sentir ces bras l'étreindre avec un tel abandon. Je ne te demande jamais rien parce que tu m’offres déjà tant... murmure sa chère, très chère petite poupe, lovée contre lui, sa joue contre sa poitrine. Mais c'est un son cristallin de verre qui se brise qui résonne dans le crâne de Milo. Son corps se raidit un court instant. Ils le lui ont tous dit...tous ceux qui ont revêtu une quelconque importance à ses yeux. Ils l'ont tous remercié pour sa générosité, prétendant que tout allait bien, qu'ils allaient bien. Ils lui mentaient effrontément. EIls l'ont tous abandonné, le poussant toujours plus loin dans les ténèbres, nourrissant par leurs désertions le monstre solitaire en Milo. Tu mens. Si tu te sentais si bien avec moi, ici, tu ne pleurerais pas si souvent. annonce-t-il en contrôlant l'aigreur qui lui monte aux lèvres. Paupières mi-closes, dos encore raide, il baisse les yeux sur les traits d'Amelia qui se sont tournés vers lui. Mais...je sais... poursuit-il tandis que l'expression dure qui a soudain surgi sur son visage disparaît. Je sais que ça prendra du temps, que ça ne sera jamais indolore. Je ne te le reprocherais pas, knopka. (pas encore)

Courbant la nuque jusqu'à ce que ses lèvres se posent sur le crâne d'Amelia, il raffermit son étreinte pour l'attirer contre lui et laisser aller son dos contre le rembourrage moelleux du dossier du canapé. Assise sur lui, en travers de ses cuisses, l'oupyr ne l'a pas lâché. Le crissement de griffes qui partent à l'assaut du meuble lui parviennent dans le dos et le chaton atteint ses cheveux sombres. Le bruit humide d'une mastication se faufile jusqu'à son oreille et, avec Amelia au creux des bras, la boule de poils malmenant sa tignasse noire, Milo se dit qu'ils feraient un fort beau cliché à accrocher sur un mur. Un premier tableau paisible où son monstre bouillonnant de rage a soudain cessé de gronder et pourrait presque ronronner de félicité. L'organe uniquement fonctionnel qui bat dans sa poitrine se serre. C'est étrange. C'est désagréable mais bizarrement pas complètement déplaisant. Tiens tu à moi, Amelia? chuchote-t-il en frottant doucement son menton sur le sommet du crâne de la jeune oupyr.

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Mar 6 Fév - 13:24
Sûrement ne lui a-t-il pas tout raconté. Amelia est loin d’être dupe. Elle en a vu, des petits patients, défiler dans son cabinet. Quand on prenait de la distance avec ses émotions, c’était pour se protéger, pour se barricader loin du monde… pour cacher ce qui nous faisait le plus mal. Il y avait encore des secrets entre eux. Il y en aurait encore pendant un certain temps… jusqu’à ce que l’un comme l’autre se sente prêt à tout révéler… Peut-être n’arrivait-ce jamais. Peut-être arriverait-ce dans trois jours. Ils ne pouvaient pas savoir. Et, à cet instant, Amelia désirait simplement vivre l’instant présent. Se projeter dans le futur était trop dur alors que le passé la faisait encore saigner. Tout va bien. Ce n’était pas vrai. Tout n’allait pas bien. Elle avait perdu les siens, elle avait perdu son humanité, et elle ne trouvait du réconfort que dans les bras d’une créature capable de désintégrer quelqu’un d’un seul toucher. Mais elle voulait croire au mensonge. Elle voulait s’en persuader.

Alors elle vient se blottir contre lui. Elle vient chercher sa présence, même si elle sent son cœur caché derrière un carcan de glace. Elle n’a plus que lui. Tous ceux qui avaient compté pour elle étaient morts ou la pensait morte… voire même coupable de l’atrocité qui avait eu lieu dans sa maison. Son corps était secoué de sanglots, qu’elle essayait d’étouffer en se concentrant sur la respiration de la harpie. Ses bras autour d’elle, Amelia s’apaise petit à petit. Ses larges mains dans ses cheveux. Elle pourrait presque penser que c’est Paul qui l’étreint ainsi. Comme il le faisait parfois alors qu’elle avait eu une journée difficile au cabinet. Les photographies avaient éternisé les instants de bonheur, mais il n’y avait pas eu que ça, dans leur vie. Peut-être était-ce justement cela qui la rendait d’autant plus précieuse. Ils avaient eu leurs hauts, leurs bas, mais ils avaient toujours été là l’un pour l’autre… Et quand leur famille s’était agrandie, ça n’avait pas changé… Le petit garçon à venir n’aurait fait qu’embellir un peu plus leur histoire… Si tout ne s’était pas fini dans un bain de sang.

Alors qu’elle murmure quelques mots, avec une sincérité désarmante, Amelia sent pourtant Milo se raidir entre ses bras. En réaction, son corps l’imite, anxieux de savoir pourquoi elle a causé une telle réaction, inquiet de savoir ce qui va suivre. Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi ces paroles avaient eu cet effet. Elle n’ose pas décoller son visage de son torse pour le regarder, pour l’interroger de ses prunelles. Tu mens. Si tu te sentais si bien avec moi, ici, tu ne pleurerais pas si souvent. Elle lève les yeux, pourtant, croise les siens. Ses lèvres s’entrouvrent. L’aigreur qu’elle perçoit malgré son désir de la cacher lui serre le cœur. Mais...je sais... Je sais que ça prendra du temps, que ça ne sera jamais indolore. Je ne te le reprocherais pas, knopka.

Le frémissement de ses lèvres sur son front. Ses bras qui la serrent un peu plus fort encore contre lui. Elle est obligée de décrocher son regard du sien. Elle reste silencieuse pendant de longues minutes. Elle entend Nastya, quelque part, sans savoir ce que la minette fait. Ses lèvres tremblent. J’allais être maman une seconde fois… murmure-t-elle comme pour justifier ses pleurs… La mort de l’oupyr qui l’avait transformée n’apaisait pas le vide dans ses entrailles. Sans qu’on le lui ait affirmé, Amelia en était pourtant persuadée : elle ne pourrait jamais plus avoir d’enfant. Elle avait été arrachée à son existence si simple, si paisible, si heureuse… pour être balancée dans les ténèbres suintantes. Milo avait dit qu’il savait, qu’il ne lui en voulait pas… mais pour combien de temps. Combien de temps supportera-t-il ce deuil qu’elle ne parvenait pas à faire ? Elle resserre pourtant ses bras autour de lui, un peu plus, comme terrifiée qu’il s’en aille lui aussi.

Elle sent son menton contre ses cheveux. Tiens-tu à moi, Amelia? Elle remue une nouvelle fois. Elle recherche son regard. Elle se redresse légèrement. Elle voit Nastya qui mâchouille les cheveux de la harpie. Elle ne parvient pourtant pas à sourire, se contentant de lever la main pour chasser une mèche sombre qui barrait le visage de Milo aussi bien que sa cicatrice. Ses doigts s’attardent sur sa joue, sur cette ligne qu’elle ne pourra jamais chasser de ses traits. Oui… murmure-elle. C’était bien plus que cela, en vérité, même si elle ne l’avouait pas. Elle avait besoin de Milo. Elle avait besoin de son aide pour apprendre ce nouveau monde… mais elle avait aussi besoin de lui car, dans son âme torturée, il appelait à la sienne, à son désir éternel de vouloir aider, de vouloir guérir les autres. Elle avait été mère. Elle avait été médecin. Elle avait besoin de cela. Elle avait besoin de s’occuper de quelqu’un. Elle avait besoin d’une personne qui soit source de joie autant que d’inquiétude. Finalement, un sourire étira lentement ses lèvres. Oui… répéta-t-elle tout aussi doucement. Elle avait besoin de quelqu’un qui prenne soin d’elle. Même dans tout le paradoxe que représentait Milo. I need you to tell me everything will be alright… to chase away the voices in the night…

Elle cherche à nouveau ses iris sombres, effleure son nez du sien.

Je ne partirais pas…

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Harpie

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Arrivée à Londres : 03/02/2018 Missives : 54 Points : 817 Traits empruntés : Adam Driver Petite schizophrénie : ... Couleur RPs : darkcyan Pseudonyme : Armadillo Crédits : yumiita Je suis né(e) le : 21 Décembre et j'ai donc : 175 ans J'appartiens aux : Harpies Actuellement, je suis : seul et je travaille comme : rentier qui en fout pas une et bras droit de Zohra je suis de la caste : aisée...très aisée...voire indécente. je vis à : West District j'offre mon allégeance : à moi-même avant tout. et mes valeurs sont que : tout tourne autour de ma propre survie

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Mar 6 Fév - 22:25
J’allais être maman une seconde fois… Milo n'a aucune idée de ce qu'est être un parent. Il n'a jamais eu de rapports sains avec la Harpie qui lui a servi de génitrice. Elle n'a fait que le broyer, l'étouffer, le couvrir de plaies, les soigner pour mieux en arracher les pansements. Et ce durant des années suffisamment longues pour faire jaillir la créature de ténèbres complètement dysfonctionnelle qu'il est. C'est dans un accès de fureur pure que Milo put mettre un point final sur ces chapitres délétères de son existence. Mais à quel prix...maintenant amputé de quasi toute empathie. Et aux yeux de Milo, la perte d'un enfant ne signifie pas grand chose, plus encore lorsque l'on ne l'a jamais rencontré. Il trouverait bien plus logique que l'on pleure la mort d'un être âgé, source de connaissances et de savoirs, d'histoires et de vécus, plutôt que le trépas qu'une créature fragile et vagissante à la communication on ne peut plus limitée, qui ne lèguera rien de sa courte existence au monde.

Ce n'est pas la mort d'un foetus qui le touchera au plus profond de lui mais c'est ce qui ronge son oupyr de l'intérieur. Les caméras l'ont déjà saisie en train de se caresser le ventre et même s'il conçoit ce qui amène ce geste de détresse, il ne parvient pas à complètement appréhender pourquoi Amelia est si bouleversée à l'évocation d'une vie qui n'a jamais vu le jour. C'est insensé et complètement irrationnel. Alors, à cette confession murmurée comme une justification aux sanglots, il ne sait quoi répondre. Bredouiller un désolé pour toi? Argumenter froidement en exposant qu'elle se met dans tous ses états pour un amas de cellules sans conscience comme un ongle ou une barbe de trois jours? Rire devant l'incongruité de la chose? Non...Amelia n'a encore rien fait pour mériter ce genre de giclée d'acide qui mutile une âme. Alors, Milo choisit de se taire et de donner ce que l'oupyr attend de lui. Un appui. Un soutien. Une présence. Quelque chose à se raccrocher pour éviter de sombrer. La douleur d'une mère lui est parfaitement inconnue mais celle d'Amelia le trouble. Un chuintement (sshh...) tout bas s'échappe des lèvres du monstre tandis qu'elle le serre de plus belle. Il sent ses mains appuyer contre son dos, son visage qui se presse contre sa poitrine comme si elle voulait l'empêcher de partir ou de disparaître. Oh, il ne partira plus maintenant. La bête de ténèbres a trouvé une compagnie qui l'apaise, aussi écorchée qu'elle. Tiens tu à moi, Amelia?

C'est un chuchotement lâché en un soupir, quelques syllabes semblant légères mais terriblement importantes. Amelia ne répond pas immédiatement comme tous ses prédécesseurs s'étaient hâtés de le faire et la Harpie s'arrêterait presque de respirer. Elle s'agite contre lui, s'éloigne suffisamment pour croiser les iris mélancoliques de Milo. S'appuyant légèrement sur lui, elle se redresse, hissant son visage au niveau du sien, les yeux face à ses abîmes de solitude. Provoquant la fuite du chaton en levant la main, l'oupyr écarte une mèche humide révélant la blessure qui défigure Milo. Il arque un soucil, attendant une réponse, sans la quitter de son regard aussi changeant qu'instable. Des doigts frôlent sa joue, s'attardent sur sa cicatrice et, penchant à peine la tête, la Harpie cale sa joue contre la paume de la jeune femme. Oui... murmure-t-elle enfin. Un léger sourire plisse à peine les paupières de Milo. Pas besoin d'en dire plus. C'est simplement beau, tout à l'image de la brune. Indubitable et aussitôt gravé dans la roche pour le monstre. Couvrant la main d'Amelia de la sienne, il ferme les yeux, prend une profonde inspiration au creux de la paume de l'oupyr avant d'y presser les lèvres. Sa délicate petite poupée si douce, si humaine...il lève progressivement le regard sur elle pour voir l'aube d'un sourire. Pas un de ces sourires empreints de tristesse qu'elle adopte parfois. Pas un des ces sourires mécaniques que l'on adresse par politesse. Oui... répète-t-elle avant qu'il ne croise de nouveau ses yeux. Les traits de l'oupyr envahissent de nouveau le champ de vision de la Harpie, il s'égare un instant dans les iris d'une teinte si chaude tandis qu'un souffle meurt sur ses lèvres. Je ne partirais pas... lâche-t-elle en effleurant son nez du sien.

La bête frémit.
Un chorus de voix bourdonne à ses oreilles.
Je ne partirais pas. Je serais toujours là. Je reviendrais.
Puis le silence.
Glacial.
Milo glisse sa lèvre inférieure entre ses dents.
La bête se met sur la défensive.

Hm, en es-tu sûre, Amelia. chuchote-t-il sans laisser filtrer un indice de sa levée de boucliers. Ses lèvres évitent celles d'Amelia mais en frôlent la commissure. Sa joue zébrée glisse contre celle de l'oupyr jusqu'à ce que son souffle caresse son oreille. Son bras retombe et ses doigts se nouent à ceux qu'ils couvraient. Tu ne partiras pas? ronronne-t-il la voix vibrante. Jamais? poursuit-il en sentant son pouls contre ses lèvres. Et...pourquoi resterais-tu, knopka?

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Mer 7 Fév - 11:20
Amelia ne savait rien de la vie de Milo, si ce n’était sa race, si ce n’était les cicatrices laissées par les blessures de son passé… Elle ne savait pas que les quelques mots qu’elle prononçait ne le touchait pas. Elle qui ne savait pas quelle relation il y avait eu avec sa mère — les Harpies étaient-elles seulement des créatures maternelles ? —, ni même s’il avait eu l’occasion d’être père durant son existence. Mais il reste silencieux sur ses mots. Et elle ne cherche pas à interpréter ce silence. Elle se contente de son étreinte, la lui rendant peut-être un peu trop, jusqu’à ce qu’il prenne la parole à nouveau. C’est à elle, alors, de ne rien dire. Tient-elle à lui ? La question était presque fourbe. Que connaissaient-ils l’un de l’autre, au final ? Était-ce suffisant pour traduire de l’affection ? Mais Amelia connaissait déjà la réponse au fond d’elle. Oui, elle tenait à Milo. Peut-être pour des raisons un brin égoïste, mais elle tenait à lui.

Nastya s’enfuit, dégringolant presque du canapé, alors qu’Amelia lève la main pour effleurer le visage de la harpie, le dégageant de ses mèches sombres, glissant le long de la zébrure qui déchire encore ses traits. Il hausse un sourcil, seul indice sur son impatience face à son silence, mais il vient malgré tout poser sa joue dans sa paume. Et elle lui répond. Une simple syllabe, un simple mot. Y avait-il vraiment besoin de plus ? Y avait-il besoin d’un long discours ? Il ferme les yeux et dépose un baiser dans le creux de sa paume. L’oupyr en frissonnerait presque. Elle reconnaît les fêlures en lui, celle d’un cœur malmené. Mais ne dit-on pas qu’un cœur brisé est un cœur qui a été aimé ? Qui a aimé ? On ne souffrait pas d’un cœur brisé lorsqu’on ne ressentait qu’indifférence et haine.

Leurs regards se croisent et elle sourit doucement, presque tendrement. Elle répète ce mot unique, avant de lui affirmer qu’elle ne partirait pas. Elle ne peut que deviner ce qui a causé tant de blessures dans l’homme en face d’elle, tout contre elle, si près d’elle. Son nez contre le sien, Amelia le sent pourtant frémir. A-t-elle encore dit quelque chose qu’elle n’aurait pas du ? Elle avait l’impression d’avancer dans un champ de mines, avec Milo, ne sachant pas où elle pouvait poser les pieds sans se faire avaler un membre par une explosion. Elle pourrait presque le voir enfiler de nouveau son armure glacée, et ça lui sert le cœur. Il s’attaque à nouveau à sa lèvre inférieure. Hm, en es-tu sûre, Amelia. Rien dans son attitude ne traduit son trouble, mais Amelia, elle, est troublée. Encore plus alors que ses lèvres viennent si près des siennes. Il noue ses doigts aux siens. Elle les serre peut-être un peu trop. Elle ne peut pas cacher ses émotions comme lui le fait.

Tu ne partiras pas? Le cœur de l’oupyr s’accélère sensiblement. Jamais? Pouvait-elle faire des promesses sur l’éternité ? Et...pourquoi resterais-tu, knopka? Que pouvait-elle bien répondre à cela ? Si elle lui disait qu’elle n’avait personne d’autre, sûrement dirait-il que, si elle trouvait quelqu’un d’autre, elle l’abandonnerait… Était-ce la raison de la désertion de son précédent serviteur ? Elle n’en savait rien… Elle ne voulait pas savoir. Elle détourne les yeux. Voulait-il la vérité ? ou un beau mensonge ? Amelia ne savait pas mentir. Elle n’aimait pas mentir. Pourquoi m’en irais-je… ? finit-elle par répondre. Une question pour une question. Après un instant, elle cherche à nouveau son regard, elle presse un peu plus ses doigts qui enserrent les siens. Je… Pouvait-elle lui avouer ? Son souffle balaie ses lèvres si proches. J’ai autant besoin de toi que tu as besoin de moi… poursuit-elle finalement, dans un murmure. En toute vérité, elle avait du mal à appréhender dans quelle mesure Milo avait besoin d’elle, mais…

Elle ferma les yeux, dans l’attente de savoir si son pied avait encore échoué sur une mine métaphorique. Pourquoi partirais-je, Milo… ? demande-t-elle encore. Désirait-elle vraiment une réponse ? La harpie s’était peut-être parfois montré dur et sévère, irascible, mais pas au point de la faire fuir, pas au point de lui donner une raison de le quitter. Peut-être était-ce parce qu’elle en avait connues, des colères, dans son métier… Peut-être parce qu’elle savait que la vie n’était pas simple ni toujours rose. Si elle avait eu une vie heureuse avec Paul et Diana, elle ne l’avait jamais idéalisé… et elle n’avait pas été parfaite sur toute la ligne… peut-être était-ce cela qui la rendait si exceptionnelle… et Amelia ne s’attendait pas à ce que ce soit facile avec Milo non plus. Elle ne savait pas pourquoi ceux qui l’avaient abandonné l’avaient fait… mais il ne lui avait donné aucune raison de le faire. Don't you dare surrender… Don't leave me here without you… 'Cause I could never replace your perfect imperfection…

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Mer 7 Fév - 17:36
Et l'araignée tisse sa toile de fils barbelés, cernant Amelia, la coupant de toute retraite. A chaque question, il l'amène à s'engager un peu plus à ses côtés. Petit à petit, elle se cadenasse d'elle-même au monstre chaotique. Est-ce la détresse, la crainte qui pousse l'oupyr dans la gueule de la Harpie? Est-ce cet espoir fou qu'ont eu certains des oupyrs de Milo qui se persuadèrent d'être capables de l'arracher aux contrées cauchemardesques qu'il arpente depuis presque deux siècles? A voix basse, Amelia répète sa question comme pour gagner quelques précieuses secondes pour trouver les mots justes, la parole qui ne provoquera pas une nouvelle remarque acide. Et l'attention que Milo lui porte soudain, n'a pas grand chose à envier à celle d'un Inquisiteur suspendu aux lèvres d'un coupable. Il recule la tête pour mieux posséder son regard. Le souffle de  l'hésitation d'Amelia caresse les lèvres de la Harpie lorsqu'ils se font de nouveau face. Hochant à peine la tête, il l'invite à se lancer en fermant un très court instant les yeux. Pourquoi resterait-elle? Il sent des doigts fins serrer les siens. J’ai autant besoin de toi que tu as besoin de moi... Un reniflement amusé échappe à la Harpie. Un oupyr qui prétend qu'une Harpie a besoin de lui, c'est le comble. La vanité de Milo s'insurge silencieusement, a envie d'énumérer toutes les raisons qui font qu'il n'y a rien de comparable entre eux. Il ne risque pas de crever si elle n'est pas là. Il traque. Il chasse. Il tue. Il les nourrit. Elle n'est qu'une petite poupée de plus dans sa collection, certes admirablement brisée, mais l'histoire de Milo est là pour le prouver...nul n'est irremplaçable. Il peut survivre à de nouveaux siècles de solitude alors qu'elle, elle n'est même pas capable de cisailler des liens qui flottent dans le vide rattachés à du néant. Ca se bouscule dans son crâne, et cette vilaine fierté malfaisante passe rapidement en revue les horreurs qu'il pourrait proférer.

Comme une condamnée sur un échafaud, Amelia ferme les yeux pleine de résignation sur ce qui pourrait suivre. Pourquoi partirais-je, Milo ? lui demande-t-elle en le prenant extraordinairement de court alors que le venin envahissait déjà sa gorge. C'est assurément cette attitude et la question qu'elle ose formuler qui musèle l'ego irascible de la Harpie. Tiens donc...c'est la première fois qu'elle prononce son prénom depuis qu'il est rentré. Et si, jusqu'à maintenant, elle s'était contentée de simplement réagir à son interrogatoire, c'est maintenant elle qui le met sur le gril. Milo plisse les paupières, méfiant sur la raison d'être d'une telle question.
Broyant les autres comme il a été lui-même broyé, la Harpie n'a jamais réellement remis en question son comportement avec ses oupyrs, persuadé qu'il est d'être le maître idéal. Cela a toujours été la faute des autres. Des infidèles. Des ingrats. Des traîtres. Des couards. A croire que ces défauts vont de pair avec l'engeance oupyr. Il n'y a que l'embarras du choix... soupire-t-il soudain pensif. Il a songé à tellement d'hypothèses après chaque abandon dont il a été frappé. Sa paranoïa et ses névroses en ont émises tellement d'autres. Glissant sa main libre dans les cheveux d'Amelia, il laisse ses doigts se mêler à ses mèches brunes, en replace quelques unes derrière son oreille. Sait-elle dans quoi elle s'engage? Parce que tu n'as plus besoin de moi, parce qu'il y a quelqu'un d'autre, parce qu'un jour, tu te mets à me haïr... Ses yeux sombres s'égarent sur les traits délicats de l'oupyr mais évitent de croiser ses prunelles, jusqu'à ce qu'ils s'y fixent en prononçant une dernière phrase. Parce que tu as peur.

Milo s'est aventuré loin, très loin dans son monde d'obscurité. Aucun remords, de très rares regrets, il se complaît dans le mal qu'il inflige et peut paraître capable de se nourrir de la souffrance des autres. Il n'y a aucune assurance qu'il retrouve son chemin pour sortir du cercle de cruauté dans lequel il s'est volontairement enfermé au point de se couper des autres. Il n'a jamais accepté les mains tendues, les tentatives dérisoires des êtres qu'il a asservi et manipulé de le ramener vers la paix. Oh Amelia... gémit-il du bout des lèvres. Puissent ces vilaines idées ne jamais t'effleurer l'esprit. C'est presque funeste et lugubre la manière dont la voix grave de Milo prononce ces dernières paroles. Et si Amelia ne se doutait pas encore du caractère irrévocable de son allégeance envers la Harpie, c'est maintenant une certitude. Puisses-tu ne jamais commettre cette erreur. termine-t-il en détachant ses doigts des siens pour la serrer dans ses bras, comme un enfant serre sa peluche. Il y a des points communs terribles entre Amelia et le traître. Entre autres, cette faculté assez rarissime de détourner le monstre de la contemplation de ses ténèbres, ce don de soulever un tout petit coin du voile qu'il jette inconsciemment sur ses actes et de le mettre face à quelques aspects de sa cruauté. Comme avec ce foutu flacon de parfum.

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Mer 7 Fév - 23:24
Il renifle mais elle sait ce qui se cache dans son cœur. Elle le devine en tout cas. Elle a toujours été observatrice. C’était crucial, quand on exerçait un métier comme le sien. Qu’il place des caméras dans toute sa demeure, épie ses faits et gestes, ses allées et venues… Quelque part dans le cœur de Milo, il y avait un manque, une peur. Celle de l’abandon. Celle de la trahison. Il aurait pu la laisser se débrouiller. Il aurait pu la laisser mourir ou s’arranger pour se débarrasser d’elle… mais à la place, il l’avait prise sous son aile alors que son ancien serviteur la lui avait servie sur un plateau. Il n’avait certes peut-être pas besoin d’elle, mais il avait besoin de quelqu’un à ses côtés. Et elle avait besoin de lui… Pour tellement de choses. Bon, d’accord, peut-être avait-elle plus besoin de lui qu’il n’avait besoin d’elle mais…

Plutôt que d’attendre une réaction plus viscérale qu’un simple reniflement, Amelia décide de poser une question, elle aussi. Pourquoi partirait-elle ? Il ne lui en avait donné aucune raison. Oui, il s’était montré irascible. Oui, il s’était montré dur et sévère, parfois même cruel. Mais rien de plus que les enfants dont elle avait à s’occuper tous les jours. Dont elle avait eu à s’occuper… Oui, la harpie était aussi capricieuse qu’un enfant, aussi lunatique, aussi violent. Plus dangereux cependant, même si Milo n’avait jamais levé la main sur elle pour autre chose que des caresses. Il plisse des paupières, face à sa question. N’est-il pas habitué à ce qu’on lui en pose ? Peut-être pas. Il était le maître de maison, il était celui qui interrogeait, pas l’inverse. Il n'y a que l'embarras du choix... Il soupire, avant de se perdre dans ses pensées. Elle l’étudie toujours avec attention. Ses cheveux qui sèchent en des boucles lâches, la cicatrice qui barre son visage, ses lèvres qui s’entrouvrent… Cette main qui retrouve à nouveau les cheveux de l’oupyr. Parce que tu n'as plus besoin de moi, parce qu'il y a quelqu'un d'autre, parce qu'un jour, tu te mets à me haïr... Il évite son regard en prononçant ces mots.

Puis, finalement, il happe à nouveau ses prunelles. Parce que tu as peur. Son cœur se serre. Oh Amelia... Il y a cette fragilité, toujours, en lui. La voit-il seulement ? En a-t-il conscience ? Puissent ces vilaines idées ne jamais t'effleurer l'esprit. Elle songe, pourtant, à ce qu’il a énuméré. Elle y réfléchit. Elle essaie de prendre de la distance, d’analyser chaque argument. Elle peut déjà en réfuter un… Peut-être deux. Puisses-tu ne jamais commettre cette erreur. La traquerait-il comme il semblait l’avoir fait avec son précédent serviteur ? La menaçait-il de la retenir à ses côtés par la peur plutôt que par l’affection ? Ne craignait-il pourtant pas que ce soit cette peur qui l’éloigne de lui ?

Elle se laisse aller à cette nouvelle étreinte. Elle s’accroche au tissu de sa chemise et écoute son cœur battre en silence pendant un instant. Elle ne ferme pourtant pas les yeux. Dans son champ de vision, Nastya joue avec un morceau de carton qu’elle a trouvé Amelia ne savait où. Les… seules personnes qui pourraient m’éloigner de toi… Elles… elles étaient dans cette cuisine… murmure-t-elle finalement. Paul et Diana. Pour qui d’autre partirait-elle ? C’était inconcevable. Elle attend le temps de deux respirations avant de reprendre. Je crains ce monde qui est maintenant le mien, cette vie qui est maintenant la mienne… cette… condition qui me pousse à aller à l’encontre de mes valeurs… Sans s’éloigner du corps de la harpie, elle lève les yeux vers lui, posant son menton contre son torse. … mais je n’ai pas peur de toi… Peut-être parce qu’elle n’avait pas encore vu toute la noirceur de son âme… Peut-être ne le haïssait-elle pas non plus pour les mêmes raisons… Je n’ai pas envie de partir… Son cœur disait, comme un écho, Je n’ai pas envie de quelqu’un d’autre…. Parce qu’après Paul, elle ne supporterait pas de perdre quelqu’un d’autre encore… Parce que Milo lui semblait éternel.

Peut-être était-elle égoïste, en fin de compte… Peut-être était-ce la mort de sa famille et de son avenir qui l’avait rendue ainsi… Mais elle était bien avec la harpie. Elle était bien, dans ce cocon de paranoïa qu’il s’était formé, parce que, dans son angoisse de la voir partir, de la voir s’enfuir, ça lui donnait une bonne excuse pour rester terrée à l’intérieur et ne pas avoir à affronter le monde. Oh, bien sûr, elle sortait de temps en temps, pour faire les courses ou pour aller discuter avec Jack… mais elle revenait toujours. Elle revenait toujours, comme si elle avait peur non pas de Milo mais du reste du monde. Comme une agoraphobe qui ne parvient pas à endurer la foule trop longtemps. Elle se sentait en sécurité, derrière ces murs. Loin de l’atrocité qui lui avait volé sa vie. Derrière ces remparts, elle n’avait rien à craindre si ce n’était les sautes d’humeur de la harpie… J’aurais toujours besoin de toi…

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Jeu 8 Fév - 12:56
Puissent ces idées ne jamais naître dans l'esprit d'Amelia. Personne n'échappe à Milo. Personne ne s'est échappé de la cage dorée de Milo. L'exécution de Dimitri l'a marqué bien plus qu'il ne le pense et bien plus profondément qu'il ne le voudrait. L'oupyr avait toujours été un serviteur zélé qui commettait rarement deux fois le même impair. Il avait été le réceptable des fureurs de la Harpie avec abnégation, parfois son confesseur, Milo avait appris à se reposer sur l'oupyr et l'avait même honoré en lui confiant quelques affaires personnelles que le manque du temps ne lui permettait pas de gérer efficacement. Il en était arrivé à considérer Dimitri comme un frère. Et puis, il avait fomenté sa fuite.
Depuis que Milo avait recueilli Amelia il y a quelques mois, la jeune femme s'était plutôt docilement laissé couler dans le moule des caprices de la Harpie. Elle avait essuyé de rares tempêtes, c'était tout à son honneur. Milo s'était habitué à sa présence discrète, elle restait à portée de voix et même dans le silence oppressant de cette grande demeure bourgeoise, même invisible, il sentait son aura...là...quelque part...rassurante. S'il devait s'en séparer, il éprouverait un vif, très vif dépit. Plus encore maintenant, après ces échanges chuchotés presque tendrement bien que toujours instables et sur le fil.
Il sent les ongles d'Amelia à travers l'étoffe de sa chemise qu'elle serre entre ses doigts. Fragile petit être innocent qui trouve une sorte de réconfort auprès d'une créature imprévisible aux pattes rougies par le sang. Le coeur de Milo heurte, à un rythme d'une régularité de métronome, le profil d'Amelia qui se presse sur sa poitrine. Et elle trouve les mots pour appeler la sécurité à apaiser l'esprit tourmenté de Milo. Les seuls êtres qui la détournerait de lui sont morts, froids comme le carrelage sur lequel la Harpie les avaient découverts. Elle pourrait rencontrer quelqu'un, là, dehors, mais jusqu'à maintenant, Amelia n'a jamais donné raison à la jalousie maladive et mortellement dangereuse de Milo de s'exprimer. Les rares fois où elle s'aventure hors des murs de la demeure, elle rentre sans aucun retard et répond dans la minute aux appels et messages de l'exigeante Harpie.

Amelia marque une pause avant d'avouer ses craintes sur le monde surnaturel auquel elle appartient. Ce monde peuplé de monstres qui devaient la terrifier enfant et dont elle découvre la réalité petit à petit. Elle redoute ce nouvel état qui est le sien, elle appartient à cet univers sauvage et violent, craint de diluer dedans. Elle se doute que les moeurs, les us et coutumes sont plus brutes qu'entre humains.
Elle remue contre lui, lève les yeux sur ses traits balafrés avant de poser le menton sur sa poitrine. Elle est tellement désarmante...elle peut lui mettre les nerfs en pelote et dans la seconde qui suit, elle arrive à dénouer lécheveau en un regard, en un tremblement de lèvres, en une oeillade embuée. Milo ne pourra pas une bête remplaçante à Dimitri. Sera-t-elle un trésor jalousement conservé entre ces murs. La liberté ne semble pas l'attirer comme elle a attiré ses autres serviteurs au point de les faire fauter. Milo effleure des phalanges l'arrondi d'une joue, adressant à l'oupyr un léger sourire. Le monstre s'efface une fois de plus, se réfugiant dans une obscure caverne intérieure. Amelia poursuit, déclarant qu'elle n'a pas peur de la Harpie en la fixant du regard. Si cette affirmation fait ricaner la créature malfaisante qui s'est pour l'instant retiré dans ses contrées de cauchemars, même si elle fait songer à Milo que, fatalement, un jour, il lui inspirera de la peur, ses yeux sombres semblent s'éclairer d'une lueur paisibles. Elle lui répète qu'elle ne partira pas, enfonçant définitivement le clou. J'ai envie de te croire, knopka A chaque fois, il a eu désespérément envie d'y croire, il y a cru....et à chaque fois, Milo s'est abandonné à la bête de ténèbres, son seul réel soutien. Indéfectible. Loyale. Incorruptible. L'obscurité ne l'a jamais trahi. On entend une pointe de lassitude d'une âme en lambeaux dont il ne reste pas grand chose dans la voix grave de Milo. Ca ne tient qu'à toi de faire en sorte que les choses restent comme elles sont maintenant. chuchote-t-il. Il sent son regard noisette se poser sur lui, essayer de décrypter le plus imperceptible frémissement à la surface de ses iris ou de ses traits. Baissant les yeux sur elle, il lui prend la main avant de poser le bout des doigts fins de l'oupyr sur sa balafre. Elle t'intrigue? demande-t-il soudain sans colère ou malfaisance dans la voix. Evidemment, que sa cicatrice intrigue. Elle intrigue tout le monde. Zébrant une moitié de son visage du front jusqu'au cou, évitant un oeil et coupant sa joue en deux, il sait qu'elle nourrit quelques rumeurs dans le "milieu". Une blessure aussi remarquable a du être faite par un ennemi tout aussi remarquable. Tu sauras un jour. Là encore, ça ne dépend que de toi. conclut-il avec un demi-sourire amer. Tu ressembles à ton père, Milo. Tu lui ressembles beaucoup trop. grince à son oreille la voix d'outre-tombe de sa mère alors que les doigts d'Amelia suivent la balafre. La Harpie détourne les yeux puis détourne la tête pour s'éloigner de la main de l'oupyr.

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Jeu 8 Fév - 18:04
Il n’y a rien de plus beau qu’un sourire. Elle penche légèrement la tête pour aller à la rencontre des doigts qui effleurent sa mâchoire. Elle ne le quitte pas des yeux. Elle n’a pas peur de lui, malgré ce qu’elle a pu apercevoir dans les prunelles même qu’elle ne lâche pas, dans cette violence dont il faisait preuve parfois. Elle ne partira pas. Elle n’en a pas envie. Même si elle refuse de se l’admettre réellement. Parce que, quelque part dans son esprit, Paul et Diana sont toujours là. Parce qu’elle a peur d’elle-même. J'ai envie de te croire, knopka Elle penche un peu plus la tête pour caler sa joue dans la paume de la harpie. Ses yeux cherchent à lui dire qu’il peut le croire. Avait-elle jamais menti ? Elle ne supporte pas la lassitude qu’elle lit dans ses iris. Il devait y avoir tellement de gens qui l’avaient blessé… Elle n’osait même pas imaginer… Était-ce le fardeau d’une existence allongée que celui de devoir souffrir ainsi ? Était-elle elle-même condamnée à souffrir encore ? Et si c’était Milo qui partait… ? Si c’était lui qui l’abandonnait ?

Ca ne tient qu'à toi de faire en sorte que les choses restent comme elles sont maintenant. Il suffisait donc juste qu’elle continue comme les jours précédents et tout irait bien ? Il ne s’en irait pas ? Il ne se lasserait pas de cette humanité dont elle ne parvenait pas à se défaire ? Elle avait peur… oui, elle avait peur… Pas de lui, mais qu’il la laisse seule dans ce monde… Que ces ténèbres lui arrachent encore quelqu’un… Que ce monde lui prenne tout. À nouveau, elle sent ses yeux manquer de s’emplir de larmes. Mais il prend sa main, la mène à son visage, à cette ligne qui le cisaille. Elle t'intrigue? Elle l’effleure du bout des doigts, comme la caresse d’une plume. Elle la suit, sur toute sa longueur, avant que ses phalanges ne reviennent à sa joue, à la courbe de ses lèvres. Tu sauras un jour. Là encore, ça ne dépend que de toi. Elle souligne ce sourire amer, indice de plus sur les fêlures de son cœur.

Elle entrouvre les lèvres, mais déjà Milo détourne les yeux, puis la tête. Amelia laisse retomber sa main sur son torse. Elle, elle ne le quitte pas du regard, pourtant. Elle cherche à retrouver ses prunelles. Elle n’aime pas le voir ainsi. Elle fait partie de toi… chuchote-t-elle doucement. Il y a de ces cicatrices plus visibles que d’autres… Elles n’en sont pas forcément les plus douloureuses, ou les plus insurmontables… Elle lève la main, à nouveau, glisse ses doigts dans ses mèches noires. Milo… Elle utilise si peu son prénom… … Je n’aime pas te voir ainsi… souffle-t-elle. Qu’est-ce que je peux faire pour chasser cette tristesse de ton visage… ? Elle ne parvient pourtant pas à prononcer les mots.

Milo… Elle l’implore presque. Regarde-moi… Je suis là… Oublie tous ces mauvais souvenirs… mais qui est-elle pour lui demander ce qu’elle-même est incapable de faire ? Elle est incapable d’oublier Paul, Diana, la vision de leurs corps sur le carrelage. Son cœur hurle, pleure, mais rien qu’une larme roulant sur sa joue témoigne de son trouble. Elle lui désirait qu’il oublie ses tourments avec elle… mais… Elle ferme les yeux, finalement. Faudra-t-il qu’elle s’affranchisse de ses démons pour espérer seulement toucher ceux de Milo ? Il avait raison. Ça prendra du temps et ça ne sera pas indolore. L’avait-elle seulement pensé ? Elle avait été catapultée dans ce monde de la pire des façons… bien évidemment que ça ne serait pas simple et sans douleur.

Elle rouvre à peine les paupières, mais ne cherche pas à retrouver le regard de la harpie. À la place, elle trouve sa main, noue à nouveau leurs doigts ensemble. Quelque part, Nastya explore la maison. Elle l’entend à peine, mais le petit chat fait sa vie, comme si elle avait compris, pour l’espace d’un instant, que les deux grandes bestioles n’avaient pas besoin d’elle… mais elle reviendrait. C’était la nature même des chats. Elle reviendrait parce qu’elle voudrait qu’on s’occupe d’elle, elle aussi.

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Jeu 8 Fév - 21:22
Tu ressembles à ton père, Milo. Tu lui ressembles beaucoup trop. Cette voix...des années qu'il ne l'a pas entendue et à peine a-t-il identifié son origine qu'il se retrouve catapulté plus d'un siècle en arrière. Les murs de sa demeure londonienne disparaissent et il reconnaît l'un des nombreux couloirs du castel russe de son enfance. Il est sur le pas de la porte et sa mère lui fait face depuis le fond d'un petit salon. Ce ton qu'elle adopte le paralyse de terreur. Ses pieds sont comme coulés dans les pavés du sol. Elle s'approche. Elle tend les mains dans sa direction. Bouge Milo. Bouge! une vague de panique le submerge, électrisant ses nerfs, réactivant ses muscles. Le petit Milo tourne les talons et part dans une course effrénée. Il croise les rares domestiques qu'il leur reste mais ces derniers ne le regardent plus depuis des mois. Sa chère maman le leur a interdit sous peine de représailles sanglantes. Ils savent tous à quoi s'en tenir. Milo ne cherche plus de secours chez ces gens pour qui il est un fantôme, pour qui il n'existe pas. Si un jour il a des serviteurs, se promet-il, ils ne feront que s'occuper de moi. Enfilade de couloirs, d'escaliers qui le mènent jusqu'à l'antique salle d'armes. La voix de sa mère résonne contre les murs de pierre et parvient jusqu'à lui, amplifiée. Elle est folle de rage et il ne sait pas ce qu'il a fait. Dans la pénombre, il avise quelques vieux pavois rongés par les termites appuyés contre un mur. A quatre pattes, il se glisse derrière ces derniers. Milo! Elle est dans le couloir. Milo! Elle est tout près. Mi-lo! Derrière la porte! ça s'ouvre lentement. Il se roule en boule, couvre son nez et sa bouche de la main, ferme les yeux très fort. Elle ne va peut-être pas le trouver cette fois...mais elle le trouve toujours, gémit-il intérieurement. C'est le don de toutes les mamans, elles trouvent tout. Un coup fait voler le pavois à sa droite. Un autre celui à sa gauche. A droite. A gauche. S'il a bien compté en entrant, il n'en reste qu'un. Milo... crisse la voix de sa mère comme des ongles à la surface d'un tableau noir.

Milo... Tête tournée sur le côté, Milo bat lentement des cils, retrouve ses murs, ses tableaux, ses fenêtres. Son coeur bat comme un tambour de guerre, résonne dans ses oreilles. Il réalise qu'il serre avec force les doigts d'Amelia. Amelia...les vertèbres de son cou craquent lorsque son regard se pose de nouveau sur elle. L'arrondi du visage de la oupyr porte une strie humide qui scinde sa joue en deux. Mais le charme n'opère plus. Des lambeaux d'une peur viscérale que Milo affronte toujours seul s'accrochent encore à sa peau. Des flammes se mettent à ronfler au creux de son ventre, la brûlure de la fureur rampe le long de son dos. Un peu sèchement, il repousse d'un bras l'oupyr sur le canapé à côté de lui. La Harpie se mord la langue pour ne pas hurler. Il se lève et sans un mot, sans se retourner, il quitte la pièce d'un pas rapide. Sourd et aveugle à tout ce qui se passe maintenant derrière lui, il grimpe les escaliers qui mènent à l'étage quatre à quatre. Et plus il gravit les marches, plus il cède à la colère. C'est haletant comme une bête sauvage qu'il arrive devant la porte de sa suite. La porte gémit dans ses gonds quand il l'ouvre et la claque derrière lui.
Un rugissement inhumain s'échappe de ses lèvres tandis que le monstre se libère. Détruire et souffrir sont maintenant ses seuls moteurs. Le poing de Milo se ferme et s'abat sur le mur le plus proche. Plusieurs fois. De plus en plus fort. A bout de souffle, son regard noir rempli de férocité cherche une nouvelle cible à attaquer. Presque toute la pièce y passe. Les rideaux sont arrachés, le mobilier pulvérisé. Les objets se fracassent contre les murs. Les tissus craquent, se déchirent. La Harpie n'épargne rien. Elle dépèce. Elle frappe. Elle écrase. Elle cogne. Milo est hors de lui.

Le temps n'a plus aucun cours lorsqu'il est dans un tel état. C'est bien souvent l'épuisement ou la douleur qui arrête la crise. Parfois les deux. Haletant, couvert de sueur et les mains écorchées, Milo est à genoux au milieu d'un chaos indéfinissable. Quelques plumes évadées des oreillers éventrés flottent encore dans l'air. Il ne se sent pas mieux. Il ne se sent jamais mieux. Il se sent vide...juste vide. La tête lourde et bourdonnante, des crampes dans tout le corps, les cordes vocales à vif, il pose les mains au sol et avance péniblement jusqu'au matelas qu'il a arraché de son lit. Il s'y laisse tomber, ferme les yeux. Le plancher du couloir grince sous un poids. Dégage! parvient-il à grogner assez fort d'une voix éraillée. [/i]

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Arrivée à Londres : 03/12/2017 Missives : 168 Points : 1638 Traits empruntés : Katherine Waterston Couleur RPs : rosybrown Pseudonyme : Azra Crédits : Azra + Beylin + Tumblr Je suis né(e) le : 3 mars et j'ai donc : 37 ans J'appartiens aux : oupyrs Actuellement, je suis : pas intéressée et je travaille comme : domestique je suis de la caste : des entretenus je vis à : West District j'offre mon allégeance : à Milo et mes valeurs sont que : je suis reconnaissante et fidèle à celui qui m'a tendu la main

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Jeu 8 Fév - 21:45
Il s’est perdu dans ses pensées. Il s’est perdu dans ses souvenirs. Arrivera-t-elle à l’en sortir ? Elle ne sait pas. A-t-il seulement senti ses doigts dans ses cheveux ? Sa main qui s’est liée à la sienne ? A-t-il entendu les mots qu’elle a prononcé ? Elle l’appelle, encore, doucement. Puis elle se résigne, baissant les yeux. Elle attend. Elle ne peut faire que cela. La patience a toujours fait partie de ses qualités. Ce n’était pas en brusquant les gens qu’on obtenait quoi que ce soit d’eux. Elle savait bien que ce serait pareil avec Milo… Peut-être plus encore. S’il avait fait de sa demeure une forteresse imprenable, Amelia savait que son cœur et son esprit l’étaient tout autant, si ce n’était plus. Il s’était enfermé dans un labyrinthe et en arpentant son centre en cherchant encore et toujours comment il pourrait s’éloigner encore un peu plus du monde.

Puis, il serre ses doigts. Un peu trop fort. Elle serre les dents mais n’émet aucun son. Elle a peur de le sortir de cette contemplation qui n’appartient qu’à lui… Pourtant, cette fois, sa voix a dû le ramener à la réalité. Il croise son regard, mais elle n’y lit plus ce qu’il contenait encore quelques minutes plus tôt. La bête a gagné. Elle ne rentre pourtant pas la tête dans les épaules. Elle sent son cœur se fendre quand il la repousse plus loin sur le canapé pour se lever. Heureusement, Nastya n’est nulle part sur son trajet, sinon Amelia craignait de ce qu’il aurait bien pu faire à la petite chatte. Elle le regarde disparaître au détour d’un couloir. Elle l’entend monter les marches. La porte claque, faisant presque vibrer toute la demeure.

Amelia reste au rez-de-chaussée. Elle entend le chaos qu’il sème dans sa chambre. Elle a le regard dans le vide. Il s’éloigne toujours, dans ces situations-là. Ne supporterait-il pas qu’elle le voie si vulnérable ? Il aurait sûrement ri jaune s’il avait entendu ses pensées à cet instant. Vulnérable, lui ? Alors qu’il brisait tout dans sa chambre ? Alors que la bête prenait le contrôle ? Que pensait-elle savoir, hein ? Elle sursaute parfois à un son plus fort que les autres, mais elle finit par déplier ses jambes, quitter le canapé et monter les marches. Sa démarche est plus lente, précautionneuse que celle de la harpie, mais elle suit le même chemin. Elle ne cherche pas le réconfort de sa propre chambre.

La tempête ravage encore la pièce, de l’autre côté du mince battant de bois. Amelia s’est assise à même le sol, de l’autre côté. Elle y a posé la joue et attend. Elle attend. Puis, finalement, le chaos perd en vigueur. Alors Amelia se lève, elle s’éloigne pour regagner la salle de bain. Elle est silencieuse, comme une ombre. Elle a l’impression d’être dans un songe. Elle récupère une bassine qu’elle remplit d’eau chaude et un linge propre. Quand elle revient devant la porte de la chambre de Milo, tout est calme. Un silence éthéré. Dégage! Elle ne sait pas s’il s’adresse à elle, si seulement il a perçu sa présence de l’autre côté du battant, mais elle ne se défile pas. Elle ouvre la porte qu’il a oubliée de verrouiller avant de laisser sa colère se déchaîner.

Dans la pièce, les plumes sombrent doucement vers le sol. Il est là, sur le matelas à moitié défoncé. Elle s’avance vers lui, lentement. Non parce qu’elle a peur de lui, mais parce qu’elle veut lui laisser le temps de se rendre compte de sa présence. Elle s’assoit délicatement à ses côtés sur la couche improvisée et pose la bassine au sol près d’elle. Elle tend la main et repousse presque tendrement une mèche collée à son front plein de sueur. Comme dans un conte, elle plonge le linge dans l’eau tiède et entreprend de nettoyer les plaies. Elle prend son temps, et ses gestes sont mesurés. Elle ne prononce pas un seul mot. Pour quoi dire ? Est-ce qu’elle appréhende sa réaction ? Est-ce qu’elle craint que, dans sa folie inachevée, il la brise comme l’un des meubles ? Elle ne sait pas trop. Peut-être un peu. Peut-être que non. Mais elle est là. Elle ne part pas. Elle ne le quitte pas. Et, quand il sera parfaitement apaisé, elle irait chercher un balai et nettoierait tout ça, voyant ce qui pouvait être sauvé et ce qui ne pouvait pas l’être. Mais, en attendant, d’une main, elle tenait celle, abimée, de Milo, et de l’autre, elle passait le linge humide sur les entailles qui zébraient ses longs doigts. En attendant, elle s’occupait de lui.

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Jeu 8 Fév - 23:23
En grimaçant, Milo roule sur le dos, lève les mains devant ses yeux. Dans la lumière clignotante d'une applique murale pendant au bout d'un fil, il jauge l'étendue des dégâts, peste à voix basse quand il essaie de plier les doigts. Sur le mur face à lui, une ampoule brisée plonge la chambre dans une semie- obscurité. La tambour de guerre qui résonnait dans son crâne s'est tu. Il ne reste plus qu'un coeur qui retrouve petit à petit un rythme moins soutenu. Une inspiration tremblante et Milo réalise qu'il n'a pas entendu de pas s'éloigner dans le couloir. La poignée de la porte cliquète, s'ouvre lentement...et qu'il n'a pas songé à mettre le verrou. Milo tourne vivement la tête dans cette direction, les paupières étrécies par la colère comme par les appliques éblouissantes du corridor. Je t'ai dit de partir. Qu'est-ce-que t'as pas compris? dit-il, mauvais.

La silhouette d'Amelia se découpe dans le rectangle de lumière de la porte ouverte, avance d'un pas puis s'arrête. Maudite bonne samaritaine! on n'a pas besoin de ta pitié et de ta misécorde. A tâtons, la main de Milo déniche un livre qu'il balance dans la direction de l'oupyr. Pas assez haut. Pas assez fort. Le volume s'abat à ses pieds. Il ne perd pas de temps, cherche autre chose pendant qu'elle s'approche de nouveau. Les mâchoires crispées à s'en faire grincer les dents, la Harpie se redresse, assise. A travers un rideau de cheveux noirs, il avise plusieurs débris. Un gros morceau de verre. Un cadre désarticulé. Un bout de bois venant d'un meuble. Certains projectiles atteignent Amelia mais elle ne s'arrête pas pour autant.

La Harpie lève un regard noir de bête blessée lorsque l'ombre de l'oupyr le couvre. Il voudrait pouvoir bondir sur ses pieds, la rejeter dans le couloir. Mais Milo est fatigué, il sait qu'il ne pourra pas lutter longtemps. C'est épuisant d'être si violemment en rage. Ca tue littéralement à petit feu. Mollement, il repousse l'oupyr du pied mais elle l'évite et pose une bassine d'eau au sol. Obéis, Amelia. gronde-t-il alors qu'elle s'accroupit à ses pieds.

L'injonction n'a aucun effet. Elle ignore son ordre. Il la fusille du regard, une bouffée de colère faisant frémir ses narines. Elle tend une main vers lui, une main qu'il a salement envie de mordre, de sortir de sa vue. Vivement, Milo s'écarte d'Amelia comme s'il s'était brûlé. Lorsqu'elle revient à la charge une seconde fois, il la chasse d'un revers du bras. Va t'en. répète-t-il en se mordant la lèvre. La fureur s'est étouffée d'elle-même mais ses iris noirs restent incendiaires. Il n'a pas besoin d'elle, il sait gérer les suites de ce genre de crise. Il doit dormir, pas qu'une servante l'échauffe. Il n'aurait même pas du avoir à se répéter.

Mais Amelia n'abandonne pas. A croire qu'elle a déniché spontanément une fine faille dans le mur derrière lequel Milo se retranche et s'y engouffre. Les yeux rivés sur l'oupyr, Milo bouillonne mais n'esquive plus. Des doigts délicats se posent sur son front, écartent doucement une mèche noire. Après un tel déchaînement de violence, c'est un changement radical de cadence et d'atmosphère. Silencieux, il la suit des yeux, les lèvres serrées. Mutique. Docilement, Milo se laisse faire sans renâcler, il frémit à peine lorsque les coupures apparaissent sous le sang séché qu'Amelia nettoie patiemment avec les gestes sûrs du médecin qu'elle est de nouveau. Gardant la tête baissée, il scrute le visage de l'oupyr. Tu m'as désobéi. laisse-t-il tomber d'une voix cassée.

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Ven 9 Fév - 12:23
Il tourne la tête à son entrée. Il a l’air d’un animal sauvage pris dans les phares d’une voiture. Je t'ai dit de partir. Qu'est-ce-que t'as pas compris? Ainsi, c’était bien à elle qui parlait à travers la porte. Elle hésite un instant, avant de pourtant reprendre son approche. Il ne lui fait pas peur. Même alors qu’elle note ses doigts qui se referme autour d’un livre pour le lui lancer. L’ouvrage est trop lourd, ou bien Milo manque de force après sa crise de violence. Elle continue d’avancer. Il se redresse. Cherche-t-il à avoir plus de force pour lui lancer ce qui lui passe sous la main ? Un morceau de verre. Un cadre brisé. Un fragment de meuble. Et bien d’autres choses. Certains la heurtent, mais elle ne s’arrête pas. Elle fend ce résidu de tempête pour s’approcher de son cœur. De sa source. Là. Il est juste là. Tous les objets qu’il lui lance ne sont que des tentatives pour la faire fuir, mais elle le lui a dit : elle ne partira pas. Elle n’avait pas peur.

Même alors qu’il lève un œil noir vers elle. Il ne se lève même pas pour la repousser, se contentant d’un coup de pied qu’elle évite facilement pour venir s’installer à côté de lui. Obéis, Amelia. Non… son cœur murmure alors qu’elle s’assoit, faisant fi de son ordre. Elle tend la main, mais il s’écarte. Leave me in peace, caught in my memories, lost underneath Elle réessaie et il chasse ses doigts d’un revers du bras. Va t'en. Non… qu’elle s’obstine. Elle lève une nouvelle fois la main. Deep in my structure, I feel a rupture, from where she should be Il ne cherche pas à s’échapper cette fois. Qui désirait fuir, cette fois ? Pourtant, si Amelia ressent de la peine, ce n’est que de la tendresse mélancolique qui s’affiche sur son visage. Finalement, il se laisse faire en silence. You've taken my breath from me, now I want to breathe. 'Cause I cannot see, what you can see, so easily

Elle nettoie doucement les plaies. L’eau et le linge se teintent de rouge à mesure qu’elle le débarrasse de son propre sang. Sous la couche écarlate, les coupures n’apparaissent pas si profondes que ça. Il n’aura pas besoin de point de suture. Elle sent son regard sur elle, mais elle ne relève pas les yeux de sa tâche pour le croiser. Elle lâche doucement sa main gauche, le laissant décider de l’endroit où il veut la poser, et s’empare délicatement de la droite pour la nettoyer à son tour. Tu m'as désobéi. Cette fois, elle relève la tête. Elle plonge dans ses iris sombres. Un sourire infime s’étire dans ses yeux plus que sur ses lèvres. Vraiment ? demande-t-elle avec un sourire un peu plus franc. Son cœur saigne encore pour la harpie, de le voir ainsi, mais elle n’a pas peur non. Et elle ne partira pas. The world is raging out there. The wars are going nowhere, still I’ll just want to heal you there… Elle délaisse un instant le linge pour venir chasser une autre mèche de son front, ses doigts effleurant sa joue, sa mâchoire alors qu’elle penche doucement la tête sur le côté.

Je te l’ai dit… Je ne partirais pas… murmure-t-elle. Oui, elle avait besoin de lui… Au-delà de la nécessité d’appréhender sa nouvelle nature… Elle avait besoin de lui, elle avait besoin de le guérir pour se guérir elle-même… Y arriverait-elle un jour ? Rien n’était moins sûr… Peut-être se perdrait-elle dans ses ténèbres au lieu de le ramener vers la lumière… Mais elle savait déjà que Milo s’était fait une place dans son cœur brisé, qu’elle le veuille ou non…

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As the crow flies ◊ Milo&Amelia

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